7 février 2026


par Lhoucine BENLAIL et ALY BAKKALI TAHIRI

Par une simple signature au bas d’un chèque, douze années d’instruction pénale s’évaporent dans les couloirs feutrés du pouvoir. Joëlle Milquet vient de clore le dossier des « emplois fictifs » par une transaction pénale. Pas de procès, pas de condamnation, et surtout : pas d’aveu de culpabilité. Est-ce là le sommet de l’éloquence juridique ou le naufrage définitif de l’éthique politique ?
Douze ans. Il aura fallu plus d’une décennie pour que la montagne accouche d’une souris… ou plutôt d’un compromis financier. Alors que le citoyen lambda doit répondre de ses moindres écarts devant un tribunal, l’élite politique belge semble avoir trouvé la clé d’un coffre-fort d’impunité légale. Comment ne pas voir dans cette « transaction » une manœuvre désespérée pour éviter l’opprobre d’un banc des accusés ?
Le spectre de la « Mère des Élections » et l’ombre du BUG sélectif
Comment oublier que Madame Milquet était aux manettes lors de ce qu’elle appelait pompeusement « La Mère des Élections » ? En 2014, alors qu’elle cumulait les responsabilités de Ministre de l’Intérieur, le pays assistait, médusé, à un « bug informatique » surréaliste qui a paralysé le dépouillement pendant des mois.
Le protocole de sécurité du programme électoral était pourtant entre les mains directes de son ministère. Étrange coïncidence : ce « bug » a eu pour effet miraculeux d’empêcher plusieurs nouveaux petits partis — dont le Parti ISLAM — d’atteindre le fameux seuil d’éligibilité. Une barrière technologique s’est dressée là où le débat démocratique aurait dû trancher. Est-ce cela la « science » politique ? Une manipulation de codes et de serveurs pour étouffer les voix dissidentes ?
Une plainte collective jusqu’à Strasbourg : Le cri du silence
La colère ne fut pas vaine, mais elle s’est heurtée à un mur. Plus de 30 partis politiques ont porté plainte, unissant leurs voix dans une démarche historique jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Le verdict ? Un constat de manque de transparence, mais sans contrainte réelle. Une victoire morale qui laisse un goût de cendre : on reconnaît l’opacité, mais on laisse les responsables en place.
Des questions qui brûlent les lèvres :

  • Si Madame Milquet est, comme elle l’affirme, totalement innocente, pourquoi ne pas avoir affronté le regard des juges pour laver son honneur, surtout après le traumatisme démocratique de la « Mère des Élections » ?
  • Comment accepter qu’une ministre détenant les clés du protocole électoral puisse aujourd’hui s’offrir un « non-lieu » payant ?
  • La transparence est-elle devenue une option facultative réservée à ceux qui n’ont pas les moyens de négocier ?
    La rhétorique du silence et le jugement de l’Invisible
    Le communiqué est d’une habileté chirurgicale : « Pas de reconnaissance de culpabilité ». Quelle magnifique pirouette sémantique ! C’est l’art de payer pour ne pas avoir à dire « pardon ». C’est l’art de transformer un dossier de détournement présumé en un simple différend administratif soldé par un virement bancaire.
    Mais ne nous y trompons pas : l’absence de culpabilité pénale n’efface pas le soupçon moral. Comment ALLAH, qui voit tout ce que les cœurs recèlent, jugerait-il une telle transaction ? Si la science des hommes permet de contourner le verdict et de verrouiller des logiciels de vote, la connaissance profonde de la vérité, elle, reste immuable. Le Messager Muhammad Salla ALLAHU عalayhi wa Aalihi wa Sallam nous a pourtant enseigné que le dirigeant est le gardien de la justice : étouffer la représentativité d’un peuple par un « bug » est une trahison de ce dépôt sacré.
    Une dérive alarmiste pour notre démocratie
    Ce dénouement est un signal d’alarme assourdissant. Entre les bugs informatiques électoraux ciblés et les transactions qui effacent douze ans d’enquête, le message envoyé au peuple est clair : l’élite est protégée par un dôme d’impunité.
    La démocratie ne meurt pas seulement sous les coups d’État ; elle s’étouffe sous le poids des arrangements de coulisses qui créent deux catégories de citoyens : ceux qui subissent la loi (et les bugs), et ceux qui négocient leur sortie.
    La transaction est signée, l’argent sera versé, mais le dossier reste brûlant dans la conscience populaire. ALY, le constat est tragique : l’audition de la justice a été vendue aux enchères, et la vue du peuple a été brouillée par un écran de fumée informatique.

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