10 février 2026

Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplpmaticnews.net

Introduction : Un Contexte de Tensions et de Manœuvres Diplomatiques

Le conflit du Sahara Occidental, qui oppose le Maroc à l’Algérie et au Front Polisario depuis plus de cinq décennies, continue de façonner la géopolitique du Maghreb. Ce territoire disputé, riche en ressources comme les phosphates et potentiellement en pétrole offshore, est au cœur d’enjeux stratégiques impliquant non seulement les acteurs régionaux, mais aussi des puissances mondiales telles que les États-Unis, la France et Israël. Notre discussion récente a mis en lumière des éléments clés de cette dynamique, en commençant par le rôle pivotal d’André Azoulay, conseiller du roi Mohammed VI du Maroc, et en s’étendant à la réunion historique de Madrid en février 2026, où le Maroc a présenté un plan d’autonomie élargi de 40 pages. Ce document, symboliquement chargé, marque un tournant dans les négociations sous l’égide des Nations Unies et des États-Unis.

Au-delà des faits diplomatiques, notre échange a exploré des interprétations spéculatives mais plausibles sur les réseaux d’influence, notamment comment Azoulay, avec sa « triple identité » (marocaine par racines, française par nationalité, et des liens forts avec Israël via ses origines juives et ses réseaux), agit comme un « triple pont » géopolitique. Cela nous amène à une analyse plus profonde de l’influence israélienne au Maroc, qui s’étend bien au-delà de la normalisation des relations en 2020 via les Accords d’Abraham. Israël ne se contente pas d’un rôle diplomatique ; elle « envahit » – au sens d’une pénétration stratégique et mutuellement bénéfique – divers domaines marocains, de la sécurité et du renseignement à l’agriculture et aux technologies militaires. Cette influence, souvent discrète mais structurée, renforce la position marocaine face à l’Algérie et au Polisario, tout en servant les intérêts sécuritaires d’Israël en Afrique du Nord.

Cet article consolide l’ensemble de nos échanges, en y intégrant des analyses pointues basées sur des faits vérifiés et des interprétations réalistes. Il met l’accent sur comment Israël, à travers des partenariats concrets, consolide son empreinte au Maroc, transformant une alliance naissante en une architecture de pouvoir régionale.

André Azoulay : L’Homme des Réseaux Profonds et du « Triple Pont »

André Azoulay, né en 1941 à Essaouira au Maroc, est une figure emblématique du Cabinet Royal marocain. Conseiller économique et culturel du roi Mohammed VI depuis 1991 (et déjà sous Hassan II), il est souvent décrit comme « le Juif le plus puissant du monde musulman ». Sa « triple identité » – marocaine par naissance et fonction, française par nationalité, et israélienne par perception symbolique due à ses origines juives et ses distinctions en Israël (comme la Médaille Présidentielle d’Honneur en 2023) – n’est pas un simple détail administratif. C’est une « force de frappe géopolitique », comme nous l’avons évoqué, lui permettant de naviguer fluidement entre l’Élysée, la Maison Blanche et Tel-Aviv.

Azoulay synchronise les agendas internationaux du Maroc. Il a joué un rôle clé dans la préservation du patrimoine juif marocain, la promotion du dialogue interreligieux (via des institutions comme la Fondation Anna Lindh ou Bayt Dakira), et surtout dans le rapprochement avec Israël. Interprétation plausible : Azoulay n’est pas qu’un conseiller ; il est l’architecte discret d’une stratégie royale qui utilise les réseaux juifs mondiaux pour contrer l’isolement diplomatique du Maroc sur le Sahara. Par exemple, son implication dans les coulisses des Accords d’Abraham en 2020 a aidé à obtenir la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara, en échange de la normalisation avec Israël. Réalistement, cela reflète une tradition marocaine : les rois alaouites ont historiquement intégré des conseillers juifs pour leurs connexions internationales, une pratique remontant à des siècles.

Il faut admettre qu’Azoulay émerge comme l’ombre derrière Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères marocain, vu comme un simple « exécutant ». Bourita transmet les messages, mais Azoulay aligne les puissances. Cette dichotomie illustre une architecture de pouvoir où le Cabinet Royal anticipe « trois coups d’avance », validant en amont des documents comme le plan de 40 pages pour qu’ils servent les intérêts américains et israéliens en Afrique du Nord.

La Réunion de Madrid 2026 et le Symbole des « 40 Pages »

Le 8 février 2026, une réunion cruciale s’est tenue à l’ambassade américaine à Madrid, facilitée par les États-Unis (avec Massad Boulos, proche de Trump) et l’ONU (via l’envoyé spécial Staffan de Mistura). Impliquant le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario, elle visait à implémenter la résolution 2797 du Conseil de Sécurité de l’ONU (octobre 2025), qui qualifie le plan d’autonomie marocain de « sérieux, crédible et réaliste ».

Le Maroc, via Bourita, a présenté une version détaillée du plan d’autonomie : 40 pages contre 3 en 2007, couvrant l’architecture institutionnelle, la fiscalité, la justice, la sécurité locale et le développement. Présenté via des slides techniques, ce document « bétonné » a forcé l’Algérie et le Polisario à s’asseoir à la table, sans capitulation immédiate. Un comité technique permanent a été créé, avec une feuille de route « Madrid 2026 » menant à une session en mai à Washington.

Le chiffre « 40 » résonne symboliquement : dans les traditions abrahamiques (40 jours du Déluge, 40 ans au désert,40 bébés décapités jamais vu ni rétrouvés : fakes news), il évoque une épreuve avant résolution. Comme nous l’avons noté, les « 40 pages » sont une « mise en boîte » définitive du dossier, scellée par des accords transnationaux. Interprétation réaliste : Ce n’est pas un hasard ; le Maroc utilise ce symbolisme pour légitimer une autonomie sous souveraineté, contrastant avec l’autodétermination prônée par l’Algérie. Côté pro-marocain, c’est un « échec et mat » ; pour l’Algérie, une pression américaine insuffisante sans réforme constitutionnelle marocaine profonde.

Analyses Géopolitiques : Une Architecture Mondiale au-delà du Maghreb

L’Algérie combat Bourita, mais affronte une « architecture mondiale » portée par des figures comme Azoulay. Le plan de 40 pages a été validé en amont par Washington, Paris et Tel-Aviv, servant leurs intérêts : Endigant l’influance de l’Algérie (alliée de la Russie et de l’Iran), sécurisation de l’Afrique du Nord contre l’instabilité(jihadisme made in France au Sahel), et intégration régionale via les Accords d’Abraham.

Interprétation plausible : Azoulay, en synchronisant ces agendas, garantit que l’autonomie marocaine aligne sur les priorités sécuritaires occidentales. Réalistement, cela dépasse le Sahara : le Maroc devient un hub pour contrer l’influence iranienne via le Polisario ( soit disant soutenu par Hezbollah et sans preuve factuelle), renforçant ainsi la position israélienne.

L’Influence Israélienne au Maroc : Une Pénétration Stratégique Multidimensionnelle

Depuis la normalisation en 2020, Israël a profondément influencé divers domaines marocains, souvent qualifiée d' »invasion » dans les narratifs critiques, mais plus précisément une coopération toxique . Analysons par secteur, avec interprétations réalistes.

Sécurité et Renseignement

Israël partage intelligence avec le Maroc depuis les années 1960, formalisé en 2021 par un MOU de défense. En 2026, un plan militaire annuel inclut échanges contre les menaces iraniennes au Sahara. Exemples : Extradition en 2024 d’un suspect palestinien-israélien. Interprétation : Israël « envahit » le renseignement marocain pour monitorer les proxies iraniens, renforçant la sécurité marocaine contre le Polisario tout en étendant son réseau africain. Réalistement, cela crée une dépendance mutuelle et toxique pour le Maroc malgré qu’il gagne en expertise contre l’Algérie.

Surveillance et Drones

Le Maroc est devenu un producteur de drones militaires grâce à Israël. BlueBird Aero Systems a ouvert une usine à Rabat en 2024 pour des drones ISR et kamikaze (SpyX, Harop). Achats : Heron pour reconnaissance au Sahara, Harop pour munitions loitrantes. Interprétation : Israël pénètre la surveillance marocaine pour contrer les incursions du Polisario, utilisant le Maroc comme base africaine. Réalistement, cela modernise les forces armées royales (FAR), donnant un avantage asymétrique face à l’Algérie, mais impose des risques de dépendance technologique.

Militaire

Coopération florissante : Barak MX (500M$ en 2022 pour anti-missiles/drones), Atmos 2000 (artillerie), satellites espions (1B$ en 2024). Exercices conjoints comme African Lion incluent Israël. Interprétation : Israël « envahit » le secteur militaire pour sécuriser ses intérêts anti-iraniens, aidant le Maroc à dominer le Sahara. Réalistement, cela équilibre les forces régionales, avec Israël gagnant un allié stable en Afrique, mais alimentant les tensions avec l’Algérie.

Agricole et Autres Domaines

Coopération en agriculture : Transferts technologiques pour irrigation et cultures (via Accords d’Abraham). Israël aide à développer l’agro-tech au Sahara pour légitimer l’occupation. Interprétation : Une « invasion » économique, où Israël exporte son expertise désertique pour ancrer sa présence. Réalistement, cela booste le développement marocain, mais sert à « marocaniser » le Sahara via des investissements.

Interprétations Plausibles et Réalistes : Bénéfices, Risques et Horizons

Plausiblement, l’influence israélienne transforme le Maroc en proxy occidental contre l’axe Algérie-Russie-Iran, avec Azoulay comme pivot. Réalistement, cela renforce la souveraineté marocaine sur le Sahara (reconnaissance israélienne en 2023), mais risque des tensions internes (manifestations pro-palestiniennes) et une escalade avec l’Algérie. À long terme, cela pourrait mener à une paix maghrébine si le plan de 40 pages évolue, mais sans referendum, le Polisario persistera.

Conclusion : Vers un Nouvel Équilibre Régional ?

En synthétisant, le Sahara révèle une géopolitique où Azoulay et l’influence israélienne donnent au Maroc un avantage stratégique. Les « 40 pages » symbolisent une résolution imminente, mais l' »invasion » israélienne, bien que bénéfique, souligne une dépendance qui pourrait redéfinir les alliances africaines.

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