
Par notre bénévole Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnew.net
Cette nouvelle disposition sur la déchéance de nationalité me rappelle fortement une réalité que beaucoup ont oubliée, ou n’ont jamais connue.
Dans les années 80, en Belgique, il existait une distinction entre petite nationalité et grande nationalité.
La petite nationalité permettait de vivre ici, de travailler, même de voter… mais pas d’être élu.
La grande nationalité, elle, était réservée aux “Belges de souche”.
Autrement dit : il y avait déjà deux catégories de Belges.
Ce système a été supprimé sous la pression de l’Europe et des institutions internationales, justement parce qu’il violait le principe fondamental d’égalité entre citoyens.
Et aujourd’hui, voilà que cela revient… sous une autre forme.
Avec cette nouvelle loi, seuls certains Belges, ceux qui ont une double nationalité, peuvent être déchus de leur nationalité.
Les autres ne le peuvent pas, car le droit international interdit de créer des apatrides.
Donc, de fait, cette loi ne s’adresse qu’à une partie des Belges.
Pas à tous.
Pas de manière égale.
Soyons clairs :
Punir le crime est normal.
Protéger la société est légitime.
Et sanctionner sévèrement des actes graves est nécessaire.
Mais punir de façon différente selon l’origine ou la situation administrative, ce n’est plus de la justice : c’est une rupture du principe d’égalité.
On ne peut pas dire “1 Belge = 1 Belge”
et en même temps créer des lois qui disent l’inverse.
L’Histoire nous a déjà montré où mènent ces distinctions.
Ce n’est pas un progrès.
C’est un retour en arrière…