
Par notre bénévole Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net

Le Maroc traverse l’une de ces phases éprouvantes où le silence des palais se fait plus assourdissant que le fracas des crises. Depuis plusieurs semaines, une question autrefois murmurée dans les alcôves de Rabat s’est muée en une préoccupation majeure : où est le Roi ? Alors que les rumeurs sur l’état de santé de Mohamed VI s’épaississent, l’absence du monarque dessine un vide institutionnel profond que les communiqués officiels ne parviennent plus à combler.
Peut-on réellement gouverner un royaume par l’absence ? La question est devenue éminemment politique. Lorsqu’un Roi, clé de voûte de l’édifice constitutionnel, s’efface de la scène publique, c’est l’équilibre même de la nation qui vacille. Le peuple se retrouve suspendu à un silence qui laisse le champ libre aux conjectures les plus sombres.
Une image restera gravée : le podium de la Coupe d’Afrique des Nations. Ce théâtre de gloire est devenu le décor d’un vide historique. Cependant, au-delà de l’absence physique, une nouvelle fracassante vient d’ébranler les certitudes : la vente massive d’une partie importante de son patrimoine en France.

Qui détient réellement le pouvoir de signature ? La question est d’autant plus troublante que l’état de santé du souverain ne lui permet plus, selon toute vraisemblance, d’assurer sa présence physique pour de telles transactions ou même de paraître en public. Comment un homme dont on dit les jours comptés peut-il procéder à une telle liquidation de ses biens ?

/ Une interrogation s’impose avec force : qui a obtenu la procuration ? Qui, dans l’ombre de la maladie, manœuvre les leviers financiers de la Couronne alors que le monarque est hors d’état d’agir ?
Cette précipitation à transformer le patrimoine immobilier et financier en liquidités ressemble à une préparation de « l’après », menée par un entourage dont l’identité et les intentions restent floues. L’absence du Prince Héritier lors du triomphe de la CAN, remplacé par son oncle Moulay Rachid, ne fait qu’accentuer ce sentiment de déshérence. Si le cœur du pouvoir est paralysé au point de déléguer jusqu’à la symbolique de la remise du trophée, c’est que la régence de fait est déjà en marche.

Le Maroc de 2026 ne peut naviguer à vue. Cette opacité, doublée de manœuvres financières d’envergure dont le signataire réel reste inconnu, n’est plus une pudeur protocolaire, elle devient un risque stratégique majeur.
Combien de temps le Palais pourra-t-il maintenir ce rideau de fer ? L’histoire enseigne que le vide finit toujours par être comblé. Il est temps que la clarté succède aux ombres car, derrière la question de la procuration et la liquidation des biens, c’est l’avenir de la stabilité du Royaume qui se joue.
