30 janvier 2026

Par notre bénévole Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnew.net



L’article de David Doucet dans Le Point, s’appuyant sur l’ouvrage explosif de Thierry Oberlé, sonne l’hallali d’une certaine mystique royale. « Tout le monde sait. Et pourtant, rien ne se passe. » Ce constat n’est pas seulement un titre, c’est l’aveu d’une faillite démocratique et sociale.

Un Pouvoir Absent et Insaisissable
Le texte dépeint Mohammed VI comme un souverain distant, dont l’exercice du pouvoir est devenu une énigme pour son propre peuple.

  • Le mutisme comme mépris : Contrairement à son père Hassan II, qui maniait l’éloquence et ne craignait pas de se confronter aux journalistes internationaux dans des joutes verbales mémorables, Mohammed VI s’est emmuré dans un silence total. Il n’a pratiquement jamais donné d’interview de fond, refusant systématiquement de répondre aux interrogations de la presse indépendante. Ce refus du dialogue n’est pas de la pudeur, c’est une stratégie d’évitement qui dénie au peuple le droit de comprendre les intentions de son chef.
  • La délégation du silence : En se retirant derrière les murs opaques du palais, le roi a instauré un système de gouvernement par procuration. Ce sont les conseillers de l’ombre, non élus et non comptables de leurs actes, qui tiennent les rênes.
    L’Économie de Prédation : Le Roi Businessman
    L’enquête d’Oberlé, relayée par Le Point, ne prend pas de gants sur la question financière.
  • Fortune et Opacité : Le roi est devenu le premier acteur économique de son pays via sa holding Al Mada. Cette concentration des richesses crée un conflit d’intérêts permanent qui étouffe la libre concurrence et appauvrit la classe moyenne marocaine.
  • L’argent gris : L’article évoque sans détour le poids du narcotrafic dans l’économie nationale. Comment un système aussi sécuritaire peut-il laisser prospérer un tel fléau sans complicités au plus haut sommet ?
    L’Omerta : Un Système à Bout de Souffle
    Pourquoi ce silence persiste-t-il ? Parce que le régime a su verrouiller la vie privée et publique.
  • La vie privée comme secret d’État : Toute question sur la santé du roi ou ses fréquentations est immédiatement étouffée, créant une chape de plomb qui empêche tout débat national.
  • Le chantage diplomatique : Le texte suggère que si la France et l’Europe se taisent, c’est par peur de perdre un « partenaire » sur les dossiers migratoires. Un silence acheté au prix de la dignité des Marocains.
    Le Bilan Implacable
    En résumé, Mohammed VI a transformé l’espoir de 1999 en un système de gestion de patrimoine privé. Sans éloquence, sans présence physique auprès des siens lors des crises, il semble avoir abandonné le costume de souverain pour celui de grand actionnaire. Le « mystère » n’est plus une marque de grandeur, c’est le masque d’une indifférence royale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *