
Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net
Le Maroc assiste aujourd’hui à un spectacle macabre : l’exécution lente d’un homme de 84 ans par l’appareil judiciaire. Alors que le pays se gargarise de réformes constitutionnelles, le sort réservé au Doyen Mohamed Ziane révèle la face sombre d’un système qui ne pardonne pas la dénonciation de sa propre corruption.
L’Insulte à la Nation : La clémence pour les bourreaux, le cachot pour les sages
Le contraste est insoutenable pour la conscience humaine. Comment un État peut-il justifier la Grâce Royale accordée, par le passé ou de manière récurrente, à des pédocriminels et des prédateurs sexuels condamnés pour avoir brisé des vies d’enfants, tout en infligeant des peines « abominables » à un avocat dont le seul crime est d’avoir utilisé sa plume et sa voix ?Là où des monstres ont bénéficié de la liberté par décret, Maître Ziane, lui, se voit enterré vivant. C’est une insulte directe à chaque citoyen marocain et une preuve que la balance de la justice est truquée.
Un simulacre de procès sous l’ombre du Makhzen
Le dossier Ziane est une anthologie de la violation des droits de la défense. Nous dénonçons avec force :L’absence totale de débat contradictoire : Des audiences marathons où la parole de la défense est étouffée, menant à des condamnations sans appel réel, comme dans une cour martiale de l’ombre.La fabrication de preuves : Des accusations basées sur des éléments numériques et des témoignages non étayés par une enquête indépendante. Le système refuse toute expertise neutre, car il sait que ses preuves s’effondreraient au moindre souffle de vérité.Le silence du Trône : Face à cette dérive autoritaire, le Roi est absent, silencieux. Ce vide laisse le champ libre au Makhzen — cet État profond — pour agir en dehors de toute légalité internationale, bafouant la Constitution de 2011 qui était censée garantir la séparation des pouvoirs.
Un crime politique et un devoir de mémoire

À 84 ans , maintenir Mohamed Ziane en prison jusqu’à ses 89 ans, pour des délits d’opinion et de dénonciation de la corruption systémique n’est plus de la justice : c’est un crime politique. C’est une volonté délibérée de faire mourir le Doyen en cellule pour effacer sa mémoire.
Mais cette mémoire ne s’effacera pas. Elle est un devoir pour chaque citoyen, chaque avocat, chaque défenseur des droits humains. Le nom de Mohamed Ziane restera le symbole de la résistance face à un appareil sécuritaire qui a confondu « ordre public » et « oppression systémique ».
Le monde regarde.
L’histoire jugera.
Et le peuple n’oubliera jamais.