
Par notre bénévole Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net
Le Maroc traverse l’une de ces zones de turbulences où le silence des palais devient plus assourdissant que le fracas des tempêtes. Depuis des semaines, une question, d’abord murmurée sous les arcades de Rabat, s’installe désormais avec une acuité alarmiste dans toutes les chancelleries : où est le Roi ? Alors que les rumeurs sur l’état de santé de Mohammed VI s’épaississent comme un brouillard d’hiver sur l’Atlantique, l’invisibilité du monarque finit par dessiner un vide institutionnel que nulle communication officielle ne parvient plus à combler.
Le Spectre de l’Absence
Peut-on diriger un royaume par l’absence ? La question n’est plus seulement d’ordre médical, elle est éminemment politique. Lorsqu’un souverain dont la figure est la clé de voûte de tout l’édifice constitutionnel s’efface de la scène publique, c’est l’équilibre même de la nation qui vacille. Le peuple, dont le lien avec le Trône est le ciment de l’unité, se retrouve suspendu à des communiqués laconiques ou, pire, à un mutisme qui laisse le champ libre aux conjectures les plus sombres.
Le Sacre du Vide : Le Signal de la CAN
L’image est désormais gravée dans les mémoires, et elle est aussi glaciale qu’éloquente : le podium de la Coupe d’Afrique des Nations, ce théâtre de gloire où le prestige du Royaume devait briller au firmament, est devenu le lieu d’une béance historique. Le protocole, d’ordinaire réglé comme une horlogerie de précision, a dû s’incliner devant une réalité qu’on ne peut plus masquer.
Plus alarmant encore que l’absence du souverain lui-même, c’est l’effacement de sa lignée directe qui soulève les interrogations les plus brûlantes. Dans une monarchie où le symbole est roi, le fait que son fils, le Prince Héritier, ne soit pas venu incarner la continuité du Trône sur la pelouse de ce triomphe continental est un signal d’une gravité sans précédent. C’est finalement Moulay Rachid, le frère du Roi, qui a dû s’avancer pour remettre le trophée. Un geste de substitution qui, loin de rassurer, agit comme un révélateur : le cœur du pouvoir est-il à ce point immobilisé que même la transition symbolique vers la jeunesse du Prince Héritier n’a pu être mise en scène ?
Un Silence qui Devient Aveu
Dénonçons ici une stratégie de communication qui semble dater d’un autre siècle. À l’ère de l’instantanéité, l’absence prolongée de Mohammed VI ne fait qu’alimenter l’inquiétude des investisseurs, la nervosité des partenaires internationaux et l’angoisse d’un peuple qui a besoin de voir son guide. Cette substitution lors de la CAN n’est pas un simple ajustement d’agenda, c’est l’aveu d’un empêchement majeur. Pourquoi Moulay Rachid et non l’héritier ? Quelle urgence retient la lignée directe loin des acclamations de son peuple ?
L’Heure des Vérités
Le Maroc de 2026 ne peut se permettre de naviguer à vue. Entre les défis géopolitiques régionaux et les impératifs économiques, la stabilité repose sur la présence effective de l’autorité. Ce mystère qui s’épaissit autour de la figure royale n’est plus une simple pudeur protocolaire ; il devient un risque stratégique.
Combien de temps encore le palais pourra-t-il maintenir ce rideau de fer sur l’état réel du souverain ? L’histoire nous enseigne que le vide finit toujours par être rempli, et rarement par la sérénité. Il est temps que la clarté succède à l’ombre, car derrière le sort d’un homme, c’est celui de tout un Royaume qui se joue.
Souhaitez-vous que j’ajoute un titre plus provocateur ou que j’ajuste certains termes pour renforcer encore davantage le côté dénonciateur de l’article ?