5 avril 2026

Source : Le Monde

Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net



Alors que le journal Le Monde vient de briser l’omerta avec sa série choc « L’énigme Mohammed VI », le Maroc se réveille brutalement face à une réalité qu’on tentait de lui masquer sous des tapis de pourpre. Entre absences prolongées, santé chancelante et influences occultes, le Royaume n’est plus à l’heure des réformes, mais à celle de l’inquiétude pure. Sommes-nous les témoins passifs d’un crépuscule que personne n’ose nommer ?
Le mirage du « Roi des réformes » : Où est passée la promesse ?
On nous a vendu, pendant deux décennies, l’image d’un monarque bâtisseur, d’un « Roi des pauvres » modernisant le Code de la famille. Mais regardez de plus près ! Que reste-t-il de la Moudawana face à l’immobilisme des juges ? Que reste-t-il de l’Instance Équité et Réconciliation quand l’appareil sécuritaire reste une forteresse imprenable ?
Ce que l’on nous présente comme un « modèle de développement » n’est-il pas qu’une façade scintillante masquant des fractures sociales de plus en plus béantes ? Comment oser parler de progrès quand la presse est muselée et que toute voix dissidente finit broyée par la machine du Makhzen ?

Le vide au sommet et l’ensauvagement policier : Qui tient la laisse ?


L’absence physique du Roi n’est pas qu’une question d’agenda, c’est un signal de démission qui laisse le champ libre aux instincts les plus bas de l’appareil sécuritaire. L’injustice ne se contente plus de ramper, elle frappe désormais à mort. Depuis que le souverain a déserté le terrain national pour ses villégiatures étrangères, une inquiétante loi des séries ensanglante les commissariats du pays. De Casablanca à Tanger, des jeunes citoyens entrent vivants dans les postes de police et en ressortent entre six planches, dans des conditions qui révoltent la conscience humaine. Ces « décès suspects » se multiplient de manière alarmante, comme si, en l’absence du « premier arbitre », les forces de l’ordre se croyaient tout permis.
Est-ce cela, le Maroc de 2025 ? Une jeunesse qui meurt sous les coups ou dans des cellules sombres sans que personne n’ait à rendre de comptes ? Ce retour brutal aux pratiques des « années de plomb » prouve que l’État de droit n’était qu’un vernis qui s’écaille dès que le maître n’est plus là pour surveiller ses troupes.

Une « atmosphère de fin de règne » :

Le vide au sommet de l’État
Les images ne mentent pas. D’un côté, un souverain affaibli, assis sur un tabouret lors de cérémonies religieuses, symbole d’une institution qui vacille. De l’autre, des vidéos de jet-ski diffusées comme pour dire : « Regardez, tout va bien ».
À qui veut-on faire croire cette mise en scène grotesque ? Pendant que le peuple subit l’arbitraire et la crise, où est le chef de l’État ? Cette impression de « vide » au sommet n’est plus une simple rumeur : c’est un péril national. Un pays peut-il être gouverné par intermittence alors que les urgences sociales et les exactions policières hurlent dans les rues ?

Le scandale des influences : Qui gouverne réellement ?


C’est le point le plus brûlant : l’omniprésence du clan Azaitar. Comment des combattants de MMA ont-ils pu s’immiscer au cœur du premier cercle royal ? Est-il admissible que le destin d’une nation millénaire puisse être influencé par des amitiés privées aussi controversées pendant que les institutions constitutionnelles sont court-circuitées ?
Questions brûlantes pour un avenir incertain
Il est temps de poser les questions qui fâchent :

  • Qui protège les policiers tortionnaires qui profitent du vide de pouvoir pour terroriser la jeunesse ?
  • La succession est-elle réellement prête, ou assistons-nous à une guerre de clans féroce dans les coulisses du Palais ?
  • Le silence de la France et des alliés est-il la preuve d’un respect diplomatique ou la peur panique de voir s’effondrer le dernier pilier de stabilité de la région ?
    Le Maroc ne peut plus se payer le luxe de l’aveuglement. L’heure n’est plus aux louanges de cour, mais à une exigence de vérité. Car derrière « l’énigme » se cache peut-être, hélas, le naufrage d’un espoir déçu et le retour de la terreur.

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