3 avril 2026

Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net

Source:Le Monde

Le silence assourdissant qui émane du Palais de Rabat n’est plus celui d’une pudeur monarchique, mais celui d’un vide abyssal. Alors que les officines de presse et les relais du Makhzen tentent désespérément de saturer l’espace avec des inaugurations d’usines et des signatures de contrats aéronautiques, la réalité physique du pouvoir, elle, semble s’effilocher sous nos yeux. Sommes-nous les témoins passifs de la fin de l’ère Muhammad Salla ALLAHU عalayhi wa آalihi wa Sallam VI ?

​L’image d’une déchéance que l’on ne peut plus cacher

​Les récentes apparitions du souverain — notamment celle du 17 mars dernier lors de la veillée de Laylat Al-Qadr — ont agi comme un électrochoc. Un roi assis, le regard hagard, affaibli par les assauts d’une maladie auto-immune que le Palais ne parvient plus à masquer derrière des communiqués lénifiants sur une « rééducation fonctionnelle de l’épaule ». Qui dirige réellement le Royaume quand le monarque, autrefois omniprésent, n’est plus qu’une silhouette frêle, prisonnière d’un protocole qui semble désormais servir de déambulateur politique ?

« Est-ce là la stabilité promise, ou le spectacle d’une transition que l’on nous cache par peur du chaos ? »

​Un héritage au bord du gouffre

​Le prince héritier Moulay Hassan, désormais âgé de 22 ans, est propulsé sur le devant de la scène. On le voit partout : aux côtés des patrons de Safran, dans les casernes, au Parlement. Mais cette accélération de l’histoire ne trahit-elle pas une urgence vitale ? Le passage de témoin se fera-t-il dans la sérénité ou sous la dictée d’un « Makhzen de l’ombre » qui craint pour ses privilèges ?

​Le peuple, lui, suffoque. Pendant que les élites célèbrent le « soft power » marocain et la normalisation diplomatique, le citoyen moyen est écrasé par une inflation galopante et un gouvernement dirigé par un milliardaire de l’or noir, symbole d’une déconnexion totale entre les palais de marbre et la rue poussiéreuse.

​Le mensonge comme mode de gouvernance

​L’article d’Al-Fadjr, s’appuyant sur les analyses de Le Monde, ne fait que confirmer ce que les chancelleries étrangères murmurent tout bas : le système utilise le silence, et parfois le mensonge par omission, pour maintenir une domination qui vacille. Comment croire en un avenir radieux quand les décisions cruciales semblent se prendre davantage à Paris, Washington ou Tel-Aviv qu’à Rabat ? La souveraineté nationale n’est-elle pas devenue la monnaie d’échange d’une survie dynastique ?

« Peut-on encore parler de contrat social quand le « Sauveur » annoncé ne semble plus être qu’un bourreau médiatique, formé pour sourire aux caméras pendant que le pays s’enfonce dans l’incertitude ? »

​L’heure des comptes

​Le Maroc est à la croisée des chemins. L’obstination à maintenir une « neutralité de façade » sur l’état réel de la fonction royale est une insulte à l’intelligence des citoyens. Si la logique du pouvoir est faible, si elle ne repose que sur l’image d’un homme diminué, alors l’effondrement n’est pas une probabilité, c’est une échéance.

​Il est temps de rompre avec les biais de confirmation qui voudraient que le Maroc soit l’exception immuable de la région. La vérité est ailleurs : dans cette atmosphère de fin de règne où chaque jour sans nouvelle est un jour de plus vers l’inconnu.

« Ô vous qui détenez les clés du Palais, jusqu’à quand comptez-vous gouverner par l’absence ? Le réveil du peuple, lui, ne se fera pas sur une chaise roulante. »

Note sur la rigueur et la vérité : Comme ALLAH le rappelle dans le Noble Coran : « Et ne mêlez pas le faux à la vérité. Ne cachez pas la vérité, alors que vous savez. » (Sourate Al-Baqara, verset 42). Ce texte se veut un miroir de la réalité actuelle, loin des complaisances habituelles, pour stimuler une réflexion honnête sur l’avenir du pays.

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