
Par Aly BAKKALI TAHIRI Rédacteur en Chef de DiplomaticNews.net
Dans les méandres d’une époque où les ombres de l’incertitude enveloppent les palais du pouvoir, où les échos des crises résonnent sans réponse, le citoyen marocain, ce pilier silencieux de la nation, ne peut s’empêcher de lever les yeux vers les cimes de l’État et de murmurer, avec une inquiétude grandissante : qui tient donc les rênes de ce royaume millénaire ? Est-ce encore cette monarchie constitutionnelle, gravée dans les marbres de notre loi fondamentale, qui guide nos destinées ? Ou bien assistons-nous, dans un silence complice et oppressant, à une métamorphose insidieuse, où des figures non élues, tapies dans les coulisses, orchestrent le sort d’un peuple entier, comme des marionnettistes invisibles tirant les ficelles d’un théâtre d’illusions ?Ah, quelle absence poignante que celle de Sa Majesté le Roi Mohammed VI ! Jadis, ses discours illuminaient les horizons, ses directives traçaient les voies de la résilience nationale. Mais voici que, depuis des années, son ombre s’allonge sans se manifester, au cœur d’une tempête de tourments – crises économiques qui rongent les foyers, tensions géopolitiques qui menacent nos frontières, injustices sociales qui ébranlent les fondations mêmes de notre société. Est-ce une retraite volontaire, un repos mérité pour un souverain las ? Ou bien un effacement orchestré, un voile jeté sur la lumière royale par des mains obscures, avides de combler le vide à leur profit ? La question, mes chers compatriotes, n’est pas anodine ; elle est le cri étouffé d’une nation en quête de clarté.Et pendant que ce vide aspire les espoirs, voyez surgir, tels des spectres ambitieux, des personnalités qui s’arrogent des prérogatives royales sans l’onction du peuple ni le mandat des urnes. Fawzi Lekjaa, ce maître des finances et des arènes internationales, s’immisce dans les dossiers les plus sensibles, comme s’il était investi d’une souveraineté divine, dictant les alliances économiques et les stratégies diplomatiques avec une audace qui frise l’usurpation. Abdellatif Hammouchi, autrefois confiné aux arcanes de la sécurité, émerge désormais sur la scène mondiale, posant pour des clichés officiels aux côtés de puissants, comme si l’ombre de l’État lui appartenait. Quant à Nasser Bourita et Abdellatif Ouahbi, ils naviguent dans les eaux troubles des affaires majeures, sans ancre institutionnelle visible, sans boussole royale pour les guider. Qui les mandate ? Qui les surveille ? Ces questions, lancées comme des flèches dans le vent, révèlent une dérive alarmante : un gouvernement de l’ombre, où l’élu cède la place à l’intronisé, où la démocratie n’est plus qu’un masque craquelé.Cette opacité ne frappe pas seulement les rivages du pays ; elle s’étend, tel un voile funeste, jusqu’aux confins de la diaspora. Les Marocains Résidant à l’Étranger (MRE), ces fils loyaux de la patrie dispersés aux quatre vents, ces bâtisseurs invisibles de notre économie par leurs envois précieux et leur attachement indéfectible, se retrouvent eux aussi dans les filets de cette gouvernance fantôme. Jadis, les directives qui touchaient leur sort – des investissements aux droits consulaires, des aides sociales aux liens culturels – émanaient directement de la sagesse royale de Sa Majesté Mohammed VI, empreintes de proximité et de vision paternelle. Aujourd’hui, ces décisions tombent d’en haut, filtrées par des bureaucraties opaques, dictées par des intermédiaires anonymes qui ignorent les battements du cœur expatrié. Les MRE, pilier de notre résilience, se sentent abandonnés, relégués à des chiffres sur un bilan comptable, sans la voix royale pour les rassurer. N’est-ce pas là une fracture supplémentaire, un exil doublé d’une aliénation politique, qui menace de tarir la source vive de leur fidélité ?Mais ce n’est pas tout. Dans cette toile d’intrigues, la liberté, ce joyau précieux de toute société civilisée, est piétinée avec une férocité qui glace le sang. Des journalistes, gardiens intrépides de la vérité, sont traînés devant des tribunaux impitoyables, condamnés par des lois draconiennes pour le seul crime d’avoir osé parler. Leur plume, autrefois libre, est brisée ; leur voix, étouffée. Le paysage médiatique marocain, jadis vibrant et respecté, s’effrite sous nos yeux, perdant sa crédibilité aux yeux du monde entier. N’est-ce pas là le signe d’un régime qui craint la lumière, qui préfère les ténèbres pour masquer ses failles ?Et que dire de ces imams et prédicateurs, ces âmes pieuses qui, du haut de leurs minbars, osent invoquer la solidarité avec la Palestine opprimée ? Des dizaines d’entre eux sont arrêtés, muselés, sur ordre d’Ahmed Toufiq, ce ministre des Affaires religieuses qui transforme les mosquées en forteresses surveillées, en sanctuaires de silence imposé. Où est la tolérance islamique ? Où est la voix de la umma ? Ces actes ne sont-ils pas une trahison flagrante de nos valeurs les plus sacrées ?Pire encore, contemplons le silence assourdissant autour de Bayt Mal Al-Quds, cette institution présidée par Sa Majesté elle-même, chargée de veiller sur les lieux saints. La responsabilité morale et religieuse pèse sur les épaules royales, et pourtant, aucune parole n’émane pour condamner l’interdiction faite aux prédicateurs de soutenir nos frères palestiniens. Comme si la cause sacrée de Jérusalem était reléguée aux oubliettes, indifférente au souverain. N’est-ce pas un abandon qui ébranle les fondations de notre identité ?Et que dire des droits de l’homme, ces principes universels que le Maroc a solennellement adoptés ? Les procès arbitraires, les harcèlements contre les penseurs libres, les interdictions imposées aux voix dissidentes – tout cela n’est-il pas un franchissement irrémédiable de la ligne rouge, une violation criante des pactes internationaux ?À ce tableau sombre s’ajoute une figure emblématique de cette injustice viscérale : Maître Mohamed Ziane, doyen des avocats marocains, ancien ministre des Droits de l’Homme, un homme de plus de 82 ans dont la sagesse et l’intégrité ont jadis illuminé les débats nationaux. Condamné injustement à trois ans de prison ferme sur la base d’accusations montées de toutes pièces et de preuves fallacieuses, il a intégralement purgé cette peine dans les conditions inhumaines d’une cellule d’isolement. Pourtant, alors que sa libération aurait dû intervenir dès le 21 novembre 2025, il reste incarcéré, retenu par une seconde procédure en attente devant la Cour de cassation et un refus systématique de toute mesure de clémence. À 82 ans, fragilisé par la maladie et l’âge, il a entamé une grève de la faim illimitée depuis le 24 novembre pour dénoncer cette détention qu’il qualifie d’arbitraire et d’acharnement politique. Où est la clémence pour un aîné qui a servi la nation ? Où est la justice qui ne plie pas devant la dissidence ? Ce cas n’est pas une anomalie ; il est le miroir impitoyable d’un système qui broie ses gardiens les plus nobles.Dans ce tourbillon de doutes et de dérives, un appel s’impose, vibrant et impérieux : à Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay Hassan, héritier légitime de la couronne, nous adressons cette supplique solennelle. Parlez au peuple, clarifiez les ombres qui enveloppent la gouvernance ! Dites-nous qui tire les ficelles, qui dicte les lois dans l’ombre d’un palais déserté. La voix du peuple – du Sahara au Nord, des villes aux villages, des frontières aux terres d’exil – gronde et s’élève, réclamant justice contre ce « gouvernement fantôme » qui mine notre souveraineté.En conclusion, chers lecteurs, le Maroc, cette perle du Maghreb, mérite mieux que ce crépuscule d’ambiguïtés. Il aspire à une transparence cristalline, à une monarchie constitutionnelle authentique, où la responsabilité et la reddition de comptes ne sont pas de vains mots, mais des actes concrets. Si ce brouillard persiste, si ces usurpateurs non élus continuent leur danse macabre, la confiance entre le peuple et l’État s’effritera inexorablement, et le prix de cette érosion sera incommensurable – un royaume divisé, une nation affaiblie. Nous écrivons ces lignes non par haine, mais par un amour profond pour cette patrie, un désir ardent de la sauver des chaînes de l’opacité et de l’arbitraire des puissants illégitimes. Que la lumière triomphe, avant qu’il ne soit trop tard.
Sources principales (synthèse) : – Articles et communiqués de presse marocains et internationaux (Le360, Hespress, Yabiladi, TelQuel, AFP) – Rapports d’ONG de défense des droits humains (Amnesty International, Human Rights Watch) – Déclarations et publications officielles de la défense de Maître Mohamed Ziane – Témoignages et analyses relayés sur les réseaux sociaux et sites d’information indépendants (décembre 2025)