
Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net et vice-président de l’Association Défense des Victimes d’Injustice en Europe et ALY BAKKALI TAHIRI Rédacteur en chef.
Les indicateurs de l’ISTAT confirment l’ancrage de l’intégration juridique et sociale des Marocains, portés par une dynamique de regroupement familial et des canaux migratoires strictement réglementés.
Les données publiées récemment par l’Institut national de la statistique italien (ISTAT) placent les citoyens marocains au premier rang des ressortissants hors Union européenne ayant obtenu de nouveaux permis de séjour en Italie. Le nombre de bénéficiaires a ainsi franchi la barre des 44 000 personnes, enregistrant une hausse annuelle remarquable supérieure à 72 %.Ces chiffres, qui s’inscrivent dans un contexte où l’Italie atteint son pic d’émission de permis de séjour depuis 15 ans avec plus de 426 000 nouveaux titres, témoignent de l’évolution rapide de la présence marocaine sur le territoire italien. Une présence qui ne se réduit plus à une simple dimension économique individuelle, mais s’incarne désormais dans la stabilité familiale et l’intégration institutionnelle.
Des canaux d’arrivée fondés sur le travail légal et la famille
Concernant les modes d’accès et d’installation de ces ressortissants, les rapports officiels de l’ISTAT mettent en lumière des dynamiques bien structurées. Contrairement aux nationalités fuyant des zones de conflits où les demandes d’asile prédominent, la présence marocaine repose presque exclusivement sur des canaux migratoires réglementés.L’obtention de ces titres de séjour s’articule principalement autour de deux grands axes légaux :
Le regroupement familial et la stabilité : Il constitue le canal prépondérant pour cette diaspora bien ancrée. Les permis délivrés pour des motifs familiaux (conjoints, enfants et régularisations familiales) traduisent la transition vers une installation pérenne.L’insertion professionnelle : De nombreux ressortissants obtiennent leurs titres à travers les voies de l’immigration de travail légale, qu’il s’agisse de contrats salariés, de travail saisonnier ou de procédures administratives encadrées par les décrets sur les flux migratoires (decreti flussi) de l’État italien.Leadership dans le regroupement et les naturalisations
Cette réalité se confirme à travers les chiffres : la diaspora marocaine domine les bénéficiaires de permis familiaux avec plus de 23 000 titres, devançant d’autres communautés. Parallèlement, la progression constante du nombre de Marocains obtenant la nationalité italienne — plus de 23 000 personnes, soit une augmentation de 13,1 % — vient consacrer leur position parmi les communautés étrangères les mieux intégrées du pays.
Répartition géographique et dynamique du marché du travail
Sur le plan géographique, la plus forte concentration de main-d’œuvre et de nouveaux permis de travail se trouve dans les régions du nord et les grands bassins économiques de la péninsule. À elle seule, la Lombardie concentre près de 18 % du total des nouveaux permis, suivie par la Vénétie, la Campanie et l’Émilie-Romagne. Ces indicateurs confirment le rôle vital joué par les travailleurs marocains pour répondre aux besoins des secteurs productifs et des services italiens, à l’heure où Rome privilégie une régulation axée sur les flux professionnels réguliers.