
Par ALY BAKKALI TAHIRI Rédacteur En chef diplomaticnews.net
Analyse géopolitique et souveraineté : Dans une missive solennelle adressée aux élites scientifiques et sportives, le dirigeant de la Révolution islamique, l’ayatollah Sayyed Mojtaba Khamenei, expose une vision stratégique où l’excellence académique et l’innovation technologique s’entrelacent avec l’éthique spirituelle pour édifier un « Iran fort » affranchi des dominations extérieures. Diplomatic News vous en propose la traduction intégrale.
Alors que les équilibres géopolitiques mondiaux se redéfinissent, la question du savoir érigé en instrument de puissance souveraine demeure au cœur des doctrines d’État. Ce message adressé aux lauréats, aux chercheurs et aux penseurs iraniens offre un éclairage saisissant sur la vision de Téhéran en matière de développement scientifique, de la recherche fondamentale jusqu’à l’arrimage de l’université au tissu industriel. En articulant rigueur technique et responsabilité morale, ce texte dessine une feuille de route programmatique ambitieuse, que nous publions ci-dessous dans son intégralité.
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux
Ces jours-ci coïncident, selon l’une des traditions, avec le martyre de la dame des femmes des gens du Paradis, la très pure et véridique Fatima az-Zahra (que les prières et le salut d’Allah soient sur elle). Il est singulier que la date de son martyre demeure incertaine, de même que l’emplacement de la sépulture de cette radieuse lumière divine est resté caché, et que son rang et sa dignité sublimes demeurent voilés à la pleine compréhension humaine. Elle incarne un modèle absolu d’adoration, de servitude et de soumission totale à Allah ; un exemple suprême dans son attachement indéfectible et global au Messager suprême, dans sa défense acharnée de la wilaya de l’Émir des Croyants (que les prières et le salut d’Allah soient sur eux et sur leur descendance), ainsi que dans sa quête de savoir, sa perspicacité face aux exigences de l’instant présent, son engagement pour la défense de la justice, sa constance et son éloquence explicative. Elle se dresse également au premier rang en matière de patience, de sacrifice, d’altruisme, de dévouement désintéressé et de solidarité envers la société. De surcroît, elle constitue un modèle accompli d’épouse, de mère, et d’éducatrice d’enfants et de descendants des Imams immaculés (que les prières et le salut d’Allah soient sur eux), guides de l’humanité. Elle demeure enfin un archétype d’effort, de labeur, de lutte spirituelle, de pureté, de vertu, de piété et de spiritualité. En un mot, elle est la boussole de tous les hommes et femmes croyants.
L’un des traits les plus lumineux de la société fatimide est qu’elle trace pour le peuple iranien, révolutionnaire et musulman, une feuille de route pour les grands mouvements sociaux, pour la présence active sur les fronts de la lutte et du djihad, ainsi que pour l’aspiration constante au progrès scientifique et au service humble, exempt de toute ostentation.
Aujourd’hui plus que jamais, notre cher Iran se manifeste comme le théâtre de la volonté et de l’espérance. À ce titre, le rôle des élites et de la jeunesse iranienne, douée et souveraine, s’avère irremplaçable pour consolider cette espérance, propulser le pays vers l’avant et frayer le chemin de son avenir radieux. Toutefois, la notion d’élite ne se confine ni aux seuls domaines de la science, de la technologie, du sport ou des habiletés techniques ; toute excellence positive et louable constitue une manifestation authentique de l’esprit d’élite. Nous voyons s’incarner ces jours-ci cette élite en ces enfants de la patrie qui œuvrent, portés par une vision panoramique, à l’élévation de l’étendard sacré de leur pays. Ce sont là les élites de la lucidité et du djihad. À l’instar de figures telles que « RizAli Khajouei » et « Ali Landi », leurs noms méritent d’être inscrits au fronton de nos centres culturels. Parmi l’élite de la nation dans cette arène figurent au premier chef les martyrs et les vaillants blessés qui, au prix de leur intégrité physique et de leur vie, ont imprimé une marque indélébile sur le destin de l’Iran islamique et de son peuple chéri, s’attirant ainsi le sceau de la servitude auprès du Maître Unique.
Je tiens tout d’abord à saisir cette opportunité pour adresser mes chaleureuses félicitations à l’ensemble de notre cher peuple, ainsi qu’à chacun des artisans de ces succès, pour les médailles, les distinctions multiples et les triomphes scientifiques conquis lors des olympiades d’astronomie, d’astrophysique, de mathématiques, de géosciences, de géographie, de physique, de chimie, de biologie, d’informatique, d’intelligence artificielle et de sciences humaines, de même que pour les récents exploits sportifs. J’exprime ma profonde gratitude et ma fierté face à la détermination et à la volonté des pionniers de cette caravane de fierté et d’espérance, porte-flambeaux du progrès national, qu’ils soient de jeunes apprentis, des chercheurs confirmés, des entraîneurs, des professeurs ou des penseurs. La ferveur et l’espérance qui animent ces élites pour impulser la transformation du pays constituent une flamme ardente que je contemple de près comme de loin depuis des décennies. Témoigner de cette vaste dynamique porteuse d’espérance, ainsi que de ses fruits éclatants traduits par des victoires successives année après année dans les disciplines scientifiques et sur les stades, remplit de fierté le peuple iranien tout entier.
Les classements prestigieux obtenus par nos sportifs persévérants dans diverses disciplines au cours des derniers mois, ainsi que les records inédits qu’ils ont établis, témoignent éloquemment de leur labeur, de leur audace, de leur volonté et de leur foi. Par leur vigueur physique, leur trempe morale et spirituelle, et par leur labeur inlassable, ces athlètes rehaussent la puissance de notre cher Iran aux yeux de toutes les nations, révélant au monde la vitalité intrinsèque d’un peuple fier. De même, nos sportives qui rayonnent sur la scène internationale en arborant le hijab de la femme iranienne comme un insigne d’honneur, ainsi que tous les médaillés qui insufflent la joie et l’enthousiasme dans le cœur de la nation et confèrent à l’étendard de l’Iran islamique un surcroît de dignité, apportent chacun, à la mesure de leur contribution, une dimension concrète et agissante au concept d’un « Iran fort ».
Puisque cette période de l’année consacre un regain d’ardeur et d’intérêt pour la recherche au sein des universités, des séminaires théologiques et des établissements scolaires, il m’apparaît opportun d’adresser ces quelques mots aux fervents du savoir, aux élites et aux penseurs de notre cher Iran.
L’état d’élite est une grâce et un don divin, fondé sur des prédispositions et des facultés intellectuelles supérieures dont le peuple iranien, et singulièrement sa jeunesse, a été richement doté. Les exigences de la raison et de la servitude commandent à l’homme de manifester sa gratitude envers cette faveur céleste. Lorsque ce remerciement s’exprime dans toutes ses dimensions – au fond du cœur, par la parole et par l’acte –, les voies de l’accomplissement ultime de ce don s’ouvrent à lui. Cette reconnaissance doit d’abord émaner de l’élite elle-même, pour ensuite s’étendre à son entourage immédiat : parents, famille, éducateurs, pour irriguer enfin l’école, l’université et l’appareil étatique tout entier, favorisant ainsi l’éclosion, la consolidation et la juste orientation de cette ressource. Dès lors, il incombe à l’individu doté de ce talent une lourde responsabilité de gratitude active : il ne saurait se contenter de cultiver ses propres aptitudes, mais se doit de les mettre au service exclusif de la résolution des problématiques de la société et de la nation.L’élite ne se définit pas par la simple possession de facultés intellectuelles remarquables qui la conduiraient à s’isoler du corps social pour ne songer qu’à des aspirations purement individuelles et éphémères. Bien au contraire, l’intellectuel authentique est celui qui endosse la responsabilité de développer son talent tout en se concevant comme un agent actif du corps social, canalisant son énergie vers son propre essor et celui de sa communauté.
Les élites iraniennes ont amplement démontré qu’il est possible de convertir la science et le talent en instruments concrets pour apaiser les souffrances de la population, de la recherche fondamentale – cellules souches, nanotechnologies, biotechnologies – jusqu’aux technologies de pointe aérospatiales, industrielles, minières, médicales, agricoles, nucléaires, énergétiques et infrastructurelles. Les retombées de cette dynamique se manifestent au quotidien sous nos yeux : la production d’électricité par des turbines de conception iranienne dans nos centrales, la technologie souveraine dans les stations de dessalement d’eau de nos îles méridionales, le survol de nos rizières et vergers par des drones agricoles pour optimiser l’irrigation et la préservation des sols, la procréation médicalement assistée au sein de l’institut « Royan » pour les couples infertiles, le diagnostic et le traitement de pathologies lourdes au moyen de radiopharmaceutiques, la télédétection satellitaire de nos ressources terrestres et hydriques, ou encore l’essor de la sécurité alimentaire par l’innovation technique. Ce ne sont là que quelques exemples d’une moisson féconde, auxquels s’ajoutent de nombreuses réalisations dans les sphères de la défense et de la sécurité qui ont maintes fois émerveillé le monde par le passé, et continueront de l’éblouir à l’avenir.Un Iran fort repose sur le socle de sa puissance scientifique et technologique, constituant l’un des pivots majeurs de sa stature et de son influence au sein du nouvel ordre mondial. Le sésame de cette souveraineté réside dans le dépassement des frontières actuelles du savoir et dans la conception novatrice de solutions face aux défis scientifiques nationaux. Les actes de malveillance et les crimes perpétrés par les ennemis de l’Iran islamique à l’encontre de nos savants et de nos élites témoignent avec éclat de l’impact déterminant de ces derniers dans l’affermissement de la puissance nationale. Cet ennemi, qui a assassiné nos plus éminents scientifiques et nos élites influentes durant les deuxième et troisième guerres imposées, ainsi que par le passé au cœur même de leur quiétude académique et quotidienne, supporte mal de voir l’Iran progresser et s’affirmer. Il déploie tout son arsenal – de la propagation du désespoir à l’emprise sur les esprits et les consciences, jusqu’à l’annexion des talents dans la machinerie de l’hégémonie moderne pour en faire de simples rouages du capitalisme prédateur occidental. Pourtant, ces agresseurs oublient que chaque goutte de sang versée par nos martyrs – élites, savants, professeurs, étudiants et écoliers de cette noble nation – a fait naître et continue de soulever une tempête irrésistible de volonté et de progrès.
Le peuple iranien médite son riche héritage civilisationnel, ses gloires séculaires dans les arts et les sciences, et les illustres érudits qu’il a offerts au monde. Il garde simultanément en mémoire les deux siècles d’abjection et de décadence politique subis sous les dynasties Qajar et Pahlavi, prenant ainsi la pleine mesure de cette formule stratégique triomphante : « Le savoir est le pouvoir ». Il sait tout ce qu’elle a permis de conquérir, au premier rang desquelles le refus de l’assujettissement à la science occidentale et une croissance fulgurante de la recherche portée par les élites au cours des trois dernières décennies – une ascension redevable en grande partie aux directives avisées et clairvoyantes de notre bien-aimé dirigeant martyr (que Sa sainte âme soit sanctifiée). Si l’impulsion de cette nouvelle Renaissance scientifique n’était, avant cette étape et la troisième guerre imposée, qu’une recommandation pressante, l’épreuve de ces deux derniers conflits a démontré à tous qu’elle doit désormais s’accélérer et s’approfondir. Pour atteindre cet objectif, l’ensemble des responsables des institutions de recherche et technologiques, de même que toutes les élites et penseurs du pays, doivent s’acquitter de leur mission fondatrice dans l’édification de l’avenir radieux de l’Iran islamique, en accordant une attention toute particulière aux impératifs suivants :
Premièrement : Il convient d’élaborer une planification rigoureuse, pragmatique et minutieuse pour l’essor des sciences fondamentales et humaines. La promotion de disciplines telles que la physique, la chimie, les sciences de la vie et les mathématiques, en tant que substrats indispensables à l’ensemble des techniques appliquées, constitue la locomotive du progrès scientifique du pays. Aucune nation n’a jamais accédé aux sommets sans s’appuyer sur la science fondamentale, et tout pays qui la néglige restera irrémédiablement marginalisé.
Deuxièmement : L’exploration des terra incognita de la science, le repoussement des frontières actuelles du savoir et la confrontation permanente aux énigmes mathématiques et scientifiques encore irrésolues doivent être érigés en buts suprêmes et permanents.
Troisièmement : La créativité et l’innovation sont les piliers cardinaux de la Renaissance scientifique. Il importe d’offrir un espace propice à l’imagination fertile et constructive – matrice de l’expansion du savoir –, de cultiver l’audace épistémologique d’innover et d’inventer, et de fortifier la confiance en soi, tant individuelle que nationale, pour s’aventurer sur des sentiers inédits. Des incitations attractives et ciblées pour tout apport inventif significatif contribueront à cimenter cette ambition.
Quatrièmement : L’autonomie dans la résolution des équations scientifiques, l’édification d’infrastructures solides et la levée des verrous technologiques indispensables à une projection transfrontalière permettront d’harmoniser la robustesse de notre armature interne et notre rayonnement international.
Cinquièmement : L’ouverture de voies royales aux talents de l’élite dans les disciplines pratiques et expérimentales – notamment par le rapprochement organique entre l’industrie et l’université dès les premières années d’études, et par la facilitation de l’entrepreneuriat fondé sur la connaissance – jouera un rôle décisif dans l’optimisation des compétences. La convergence des vecteurs scientifiques et technologiques, l’intensification des passerelles entre les laboratoires de recherche et les entreprises du savoir, les industries et les start-ups, soutenues par l’appareil exécutif de l’État dans les secteurs névralgiques de l’eau, des sols, de l’alimentation, de l’énergie et de l’intelligence artificielle, permettra de transporter le plan de travail des professeurs et des étudiants des bancs universitaires vers les ateliers et les usines. Cette synergie fulgurante ne se matérialisera que lorsque les impératifs économiques et les perspectives de commercialisation épouseront la volonté des élites, scellant une alliance pérenne entre les institutions du savoir et les marchés de consommation.
De surcroît, la participation active et directe des élites issues des disciplines théoriques et expérimentales, tant dans les universités que dans les séminaires, aux instances de prospective et de gouvernance politique, constituera un levier majeur de développement national. Il incombe aux dirigeants de puiser largement dans le vivier des compétences de nos élites engagées, ainsi que dans leur intelligence collective et leur sagesse partagée.
Si nous empruntons cette voie avec constance, le centre de gravité et les foyers de irradiaux du savoir – en particulier dans certaines branches des sciences fondamentales – basculeront progressivement des nations occidentales vers l’Iran. Dès lors, notre patrie s’érigera, dans un avenir proche, en pôle de référence scientifique et technologique, concrétisant ainsi l’idéal formulé par notre sage dirigeant martyr (que sa noble station soit élevée) : faire de la langue persane l’une des grandes langues de référence universelle du savoir.Nous implorons le Très-Haut, par la bénédiction du sang versé par les martyrs de la cause intellectuelle et par l’intercession fervente de notre Maître et Souverain (qu’Allah hâte Son avènement), de disposer et de faciliter les voies d’une Renaissance scientifique profonde et accélérée pour nos élites et nos penseurs, afin que la marche triomphante de l’Iran vers la puissance ultime s’accomplisse dans la perspective de l’édification de la nouvelle civilisation islamo-iranienne.Sayyed Mojtaba Hosseini Khamenei26/10/2026