31 janvier 2026
Par Lhoucine BENLAIL Vice-président de Diplomaticnews

RABAT / ESPAGNE – Appelons un chat, un « chat ». Ce qui se passe dans nos consulats en Espagne dépasse l’entendement. On ne parle plus seulement de mauvaise gestion, on parle de chefs de poste qui se prennent pour des capitaines en haute mer, seuls maîtres à bord après Dieu, et qui s’imaginent que le personnel local fait partie de leur butin personnel.

Le retour du « Droit de cuissage »

​À Murcie, l’affaire a révélé l’innommable. La justice espagnole a mis au jour un système de harcèlement sexuel où l’autorité servait d’arme pour tenter d’obtenir des faveurs. Ces prédateurs de la diplomatie, gonflés de leur importance, croient pouvoir ressusciter un « droit de cuissage » médiéval sur des employées vulnérables.

​La sentence est tombée : 114 000 euros saisis sur les comptes du Maroc. Voilà le prix de l’arrogance et de la perversion. Et pendant ce temps, aux Canaries, une autre condamnation pour traitement dégradant vient confirmer que le mal est profond. Comment est-ce possible que plusieurs consulats soient atteints du même syndrome de tyrannie et d’abus ?

Bourita : L’Amiral d’une flotte fantôme ?

​Monsieur le Ministre Nasser Bourita, jusqu’à quand allez-vous tolérer ces comportements de corsaires ? La science diplomatique ne peut s’écrire sur le papier si elle est piétinée dans la chair des victimes. La connaissance de la dignité humaine devrait être le socle de chaque nomination. Pourtant, vos représentants se comportent comme s’ils étaient au-dessus des lois terrestres et divines.

​En laissant ces « capitaines » dériver sans contrôle, vous exposez la souveraineté nationale au déshonneur des huissiers de justice. Chaque saisie bancaire est un sabordage de notre image de marque.

Une purge nécessaire

​Le temps de la protection corporatiste est révolu. Le Maroc ne peut pas porter une vision de modernité tout en abritant des comportements aussi abjects dans ses chancelleries. Si Rabat ne siffle pas la fin de la récréation pour ces « petits rois » des consulats, c’est toute la crédibilité de notre diplomatie qui sombrera.

Il est temps de débarquer ces capitaines indignes avant qu’ils ne fassent couler tout le navire.

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