
Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net
Arrestation d’Ali Lmrabet à Tanger : répression aveugle, cruauté médicale et aveu d’un système qui perd pied.
Inadmissible. Inhumain. Stratégiquement suicidaire. Ce dimanche 12 juillet 2026, les autorités marocaines ont interpellé le journaliste Ali Lmrabet dès sa descente d’avion à l’aéroport Ibn Battouta de Tanger, en provenance d’Espagne. Aucune explication officielle. Aucune transparence. Et, cerise amère sur un gâteau déjà empoisonné : selon des témoignages familiaux, on lui interdirait même son traitement médical. Un journaliste âgé, malade, arrêté sans motif clair et privé de soins ? C’est non seulement une atteinte grave à la dignité humaine, c’est une bombe à retardement médiatique et diplomatique.
Les faits, rien que les faits (vérifiés)
Interpellation immédiate à l’arrivée du vol en provenance de Barcelone.
Aucune communication judiciaire ou sécuritaire pour justifier l’action.
Sources concordantes (Al Quds Al Arabi, Dalil Rif, etc.) confirment l’opération.
La famille dénonce l’interdiction de son traitement médical, ajoutant une dimension cruelle à cette affaire déjà lourde.
Ali Lmrabet, né en 1959 dans le Rif, ancien diplomate reconverti en journaliste satirique et critique (Demain Magazine, Douman), cumule un lourd passif judiciaire : condamnations pour outrage, interdictions professionnelles, exil. Mais cela ne justifie en rien une arrestation opaque ni, surtout, une privation de soins.
La question qui brûle : pourquoi cette surenchère ?
Au moment où le Maroc déjoue des cellules terroristes, renforce ses alliances et projette une image de stabilité, pourquoi offrir sur un plateau d’argent une nouvelle affaire « Lmrabet » qui va faire les choux gras de Reporters sans frontières, d’Alger, des réseaux anti-marocains et d’une partie de la presse occidentale ?
C’est plus qu’une maladresse : c’est un aveu de faiblesse.
Faiblesse d’un système qui préfère coffrer un critique plutôt que de le réfuter factuellement.
Cruauté d’un appareil qui, selon la famille, interdit un traitement médical à un homme de 66 ans.
Aveuglement stratégique : chaque heure sans explication claire transforme un journaliste contesté en symbole de répression.
Barlamane peut bien multiplier les articles venimeux et les règlements de comptes personnels. Cela ne change rien à l’image désastreuse que renvoie cette interpellation : celle d’un pays qui, en 2026, n’a toujours pas compris que museler les voix dissidentes renforce leur écho international bien plus que leurs arguments.
Questions implacables auxquelles le pouvoir doit répondre d’urgence
Quels sont exactement les motifs juridiques de cette arrestation ? Quels articles précis, quels faits, quelles preuves ?
Pourquoi aucune communication officielle ? Craint-on la lumière ?
Est-il vrai que sa famille se voit interdire de lui fournir son traitement médical ? Si oui, quel est ce sadisme administratif ?
Combien de temps le Maroc va-t-il encore offrir des munitions gratuites à ses ennemis en traitant ses journalistes critiques comme des menaces existentielles ?
Le Royaume est assez fort pour affronter le débat. Il a les arguments diplomatiques, sécuritaires et économiques pour contrer n’importe quel narratif hostile. Mais en choisissant l’option « arrestation + silence + privation de soins », il valide le récit de la dictature soft et isole un peu plus ses défenseurs sincères à l’étranger.
Assez de ce théâtre grotesque. Libérez immédiatement Ali Lmrabet ou présentez publiquement les charges précises contre lui dans le respect total de ses droits, y compris médicaux. Toute autre attitude est non seulement indigne d’un État de droit moderne, mais stratégiquement catastrophique pour l’image du Maroc.
Le peuple marocain et l’opinion internationale observent. L’Histoire retiendra qui a choisi la force brute plutôt que la force de l’argument. Réveillez-vous : en 2026, la répression aveugle n’est plus une solution, elle est devenue le problème.
Liberté. Transparence. Dignité médicale. Maintenant.