14 juin 2026

Alors que le Maroc traverse une crise sociale aiguë, marquée par une inflation galopante et l’effondrement du pouvoir d’achat des citoyens, les investissements immobiliers massifs de Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, interrogent sur l’origine de sa fortune et sur la déconnexion des élites politiques.

Un patrimoine immobilier en contradiction avec des revenus de fonctionnaire

Nasser Bourita a effectué l’essentiel de sa carrière au sein de l’administration publique et de la diplomatie marocaine. En tant que ministre, son traitement mensuel officiel oscille autour de 50 000 dirhams, montant auquel s’ajoutent diverses primes de déplacement et allocations réglementaires, portant ses revenus estimés à environ 75 000 dirhams par mois.

Les calculs factuels mettent en lumière une anomalie mathématique majeure :

Le cumul des salaires :

Sur une période de six ans, l’intégralité des salaires et primes perçus par le ministre s’élève à environ 5 400 000 dirhams (soit près de 497 000 euros)..

La réalité des acquisitions :

Les transactions immobilières enregistrées au nom du ministre et de ses proches sur une période restreinte (notamment entre 2022 et 2023) se chiffrent en dizaines de millions de dirhams, dépassant de loin la totalité des revenus légaux qu’il aurait pu épargner, même en vivant sans aucune charge.Ces investissements massifs, qui coïncident avec d’autres vagues d’achats suspectes au sein de la haute sphère sécuritaire et diplomatique marocaine — notamment celles attribuées au directeur de la DGED, Mohamed Yassine Mansouri —, soulèvent la question cruciale de la transparence des flux financiers.

L’ombre des financements étrangers et des réseaux d’influence

L’analyse de cette accumulation soudaine de richesses immobilières oriente les observateurs vers les circuits d’influence du Golfe, et plus particulièrement vers les Émirats arabes unis.

Ce système de prévendes et de gratifications non déclarées est régulièrement pointé du doigt. Les Émirats arabes unis utilisent massivement leurs capacités financières pour s’assurer l’allégeance de hauts responsables étrangers. Dans le cas de la diplomatie marocaine, fortement alignée sur les intérêts d’Abou Dabi, ces acquisitions immobilières de luxe sont soupçonnées d’être la contrepartie directe de cette soumission géopolitique. La question de la légalité et de la déclaration de ces fonds aux institutions de contrôle marocaines reste entièrement sans réponse.

Le miroir d’une fracture sociale profonde

Ces transactions multimillionnaires se déroulent dans un contexte national délétère. Le citoyen marocain moyen subit de plein fouet :

Une flambée des prix sans précédent :

L’inflation touche les produits alimentaires de première nécessité et le carburant, plongeant des millions de familles dans la précarité.

Une crise du logement :

La spéculation foncière, alimentée précisément par l’appétit immobilier des élites et des promoteurs, a rendu le foncier inaccessible dans les grandes agglomérations (Rabat, Casablanca, Marrakech), excluant la classe moyenne du marché.Pendant que le gouvernement appelle les Marocains à la résilience et à l’austérité face à la conjoncture internationale, ses propres membres affichent une opulence déconnectée des réalités du pays. Ce contraste saisissant entre la détresse populaire et l’enrichissement rapide des serviteurs de l’État lève le voile sur un système de gouvernance où les privilèges de la fonction l’emportent sur le devoir de réserve et l’éthique publique.

voici les liens et les documents officiels des ventes et acquisition de Bourita et sa famille.

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