15 septembre 2026

Par essayiste Mohammed Razi

​La nature humaine robuste du peuple yéménite s’est conjuguée à la structure organisationnelle et militaire du mouvement Ansar Allah pour dessiner un paysage de terrain et politique exceptionnel, qui s’est conclu par l’imposition de leur contrôle sur l’un des passages maritimes les plus importants au monde : le détroit de Bab-el-Mandeb.

​Les germes de cette résilience résident dans la nature même de l’Homme yéménite ; un peuple forgé par les montagnes et un environnement rude, ayant vécu dans la simplicité, la sobriété et l’autonomie vis-à-vis de la terre, loin de la fragilité de la vie de consommation contemporaine.

​Cette nature originelle est imprégnée des valeurs du combat, de la fierté, de la solidarité tribale et du contentement du peu, faisant du socle populaire un réservoir humain inépuisable et des combattants capables de s’adapter aux conditions d’usure et de siège les plus extrêmes sans que leur volonté ne se brise.

​Sur ce socle social solide, le mouvement a édifié sa doctrine organisationnelle et militaire, tirant profit de décennies d’expérience du terrain lors des guerres de Sa’da pour développer une stratégie de combat asymétrique.

​Le mouvement a su exploiter l’état de dispersion et de division de ses adversaires locaux et régionaux pour imposer d’abord son hégémonie sur la capitale, Sanaa, et sur la forte densité démographique du Nord, s’emparant de l’arsenal de l’ancienne armée avant de développer ses capacités militaires en bénéficiant de l’appui technique et consuel de l’Iran et du Hezbollah.

​Avec le passage du mouvement de la défense à l’offensive et à l’expansion sur le terrain, son parcours s’est couronné par l’accès aux côtes de la mer Rouge et aux littoraux donnant sur le détroit de Bab-el-Mandeb.

​Le contrôle de cette position géopolitique de toute première importance constitue un gain géographique et un tournant stratégique qui permettra au mouvement d’imposer une équation de dissuasion internationale ; il tirera parti de la maîtrise de la navigation maritime pour lier sa présence sur le terrain aux dossiers régionaux et aux causes de la Nation, conférant à son discours une dimension populiste transfrontalière.

​Le secret de la victoire du mouvement et de son expansion découle fondamentalement de sa capacité à entrer en harmonie avec la nature originelle et solide du combattant yéménite, et à structurer cette énergie humaine au sein d’un projet idéologique islamique et militaire rigoureux, faisant passer Ansar Allah du statut de simple mouvement local dans les montagnes de Sa’da à celui d’acteur régional et international tenant entre ses mains la flotte du commerce mondial à Bab-el-Mandeb.

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