3 novembre 2026

Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net et président de L’ASBL Defense des Victimes d’Injustice en Europe


​Il est des verdicts qui sonnent comme des gifles assénées à la conscience collective, des jugements prononcés avec cette célérité fulgurante qui n’a d’égal que la dissimulation. Comment un médecin, un professeur, un homme de science dont les mains ont arraché des jeunes à l’amputation et à la fatalité, s’est-il retrouvé jeté derrière les barreaux à la vitesse d’un clin d’œil ?
​Ce clin d’œil, précisément, n’est pas qu’une simple image de style. Dans ces arcanes où le pouvoir et l’argent font la loi, tout se négocie dans l’ombre d’un regard furtif, dans ce signal discret que les hommes s’échangent pour sceller leurs compromissions. Ne l’oublions pas, le Créateur ne nous rappelle-t-il pas cette réalité implacable dans Son Livre :
« Il connaît la trahison des yeux et ce que les poitrines cachent » (Sourate Ghafir, verset 19).
​La question ne relève donc plus de la simple procédure judiciaire ; elle touche au cœur putréfié d’un système sanitaire et sécuritaire où déranger équivaut à signer son propre arrêt de mort professionnelle.

Que savait donc le Professeur Rachid Cherkab, affectueusement surnommé le « médecin des pauvres », pour que l’appareil judiciaire s’empresse de le réduire au silence avec une telle frénésie ? En multipliant les plaintes contre les dysfonctionnements du CHU, cet homme était devenu un grain de sable trop encombrant dans les rouages d’une machine bien huilée.
​La Ligne Brisée de l’Omerta : Le Lien avec Maître Mohammed Ziane
​Ce schéma de la répression expéditive n’est pas une exception isolée ; il s’inscrit dans une logique de terreur institutionnelle dont l’autre grand symbole vivant demeure Maître Mohammed Ziane. Ancien ministre, ténor du barreau, avocat au verbe inflexible, il subit l’épreuve de l’isolement et de l’acharnement carcéral, attendant dans sa cellule ce qui s’apparente, par la dureté de l’épreuve et la noblesse de la posture, à un véritable martyre en prison.
​Qu’il s’agisse du médecin qui dénonce les dérives et refuse les compromissions inavouables, ou de l’avocat qui brise les tabous, le pouvoir applique la même recette : briser les corps pour tenter d’annihiler les esprits. Les Marocains résument cette résignation forcée par l’adage populaire « chouf ou skoute » (regarde et tais-toi), gravé comme une fatalité sur les portes et les murs du pays.
​Le Mur de l’Injustice et la tentative d’Étouffer la Mobilisation
​L’acharnement s’est confirmé avec le rejet brutal de la demande de mise en liberté provisoire du Professeur Cherkab, en dépit de la mobilisation historique de trente-cinq avocats venus faire barrage à l’injustice. Lorsqu’une cohorte de défenseurs du droit se heurte à un mur étanche, cela démontre que la décision ne relève plus des prétoires, mais de consignes dictées par ceux qui redoutent par-dessus tout la lumière. Ils ne cherchent pas à juger un homme ; ils cherchent à envoyer un message d’intimidation terrifiant à quiconque oserait briser le silence.
​La Sagesse des Témoins de la Vérité
​Face à cette machine d’oppression où les jugements dictés en haut lieu cherchent à broyer les consciences, la réponse des hommes libres demeure inébranlable. C’est le choix de la dignité, rappelant la posture des mages face à Pharaon :
« Exerce donc ton jugement : tu ne fais que juger cette présente vie » (Sourate Ta-Ha, verset 72).
​Qu’il s’agisse du martyre silencieux de Maître Ziane ou de l’acharnement contre le Professeur Cherkab, les sentences des hommes de main s’arrêtent aux portes de l’éternité. Et pour tout ce que les oppresseurs croient enfouir dans l’oubli, la promesse divine demeure indépassable, terrassant la nuit des complots :
« Et Allah fait ressortir ce que vous cachiez » (Sourate Al-Baqarah, verset 72).

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