24 mai 2026

Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net

​Pour évaluer la responsabilité de la ministre de la Justice Annelies Verlinden face au recyclage des acteurs controversés au sein de la Commission de Concertation (CCPRI/RCVI), il faut dépasser le débat de surface. Le pouvoir politique moderne ne fonctionne pas uniquement par des complots conscients, mais par des structures qui s’auto-préservent en utilisant la compromission. Le Coran nous avertit d’ailleurs contre ceux qui prétendent réformer les choses alors qu’ils ne font que perpétuer le désordre :

​وَإِذَا قِيلَ لَهُمْ لَا تُفْسِدُوا فِي الْأَرْضِ قَالُوا إِنَّمَا نَحْنُ مُصْلِحُونَ أَلَا إِنَّهُمْ هُمُ الْمُفْسِدُونَ وَلَٰكِنْ لَا يَشْعُرُونَ

« Et quand on leur dit : « Ne semez pas la corruption sur la terre », ils disent : « Au contraire, nous ne sommes que des réformateurs ! » Certes, ce sont eux les semeurs de corruption, mais ils ne s’en rendent pas compte. » (Sourate Al-Baqarah, 2:11-12)

​1. L’impuissance comme alibi : Le paravent de la légalité

​La thèse de l’impuissance de la ministre repose sur un argument juridique solide : le respect de l’État de droit. En Belgique, la séparation de l’Église et de l’État empêche le pouvoir exécutif d’écarter unilatéralement des représentants du culte sous peine d’être sanctionné par les tribunaux civils. Cependant, cette impuissance est largement instrumentalisée. Elle sert d’alibi commode pour masquer un manque flagrant de volonté politique d’engager une réforme de fond de la loi de 1830 sur le financement des cultes. L’État préfère se dire « impuissant » plutôt que d’admettre qu’il refuse de couper le cordon financier qui alimente ces réseaux, ce qui rappelle ce verset sur ceux qui évitent de regarder la vérité en face !

​2. La complicité passive : Le choix conscient de l’interlocuteur docile

​Parler de complicité active ne signifie pas que la ministre approuve les détournements de fonds ou l’espionnage. Il s’agit plutôt d’une complicité passive et utilitariste. L’administration a besoin d’interlocuteurs qui signent les documents officiels, valident les budgets et gèrent les mosquées de manière à ce qu’il n’y ait pas de « vide ». Des acteurs impliqués dans des affaires de fausses factures ou de faux en écriture sont dociles, car ils savent qu’un mot du ministère au parquet pourrait accélérer leur chute. C’est l’essence même de la Realpolitik : préférer un coupable gérable à un juste indomptable. Cette attitude opportuniste s’apparente-t-il au comportement des hypocrites décrits à l’époque du Messager-Prophète Muhammad Salla ALLAHU عalayhi wa آalihi wa Sallam (ص)? :

​3. Le lien structurel : La surveillance comme outil de maintien du statu quo

​Pourquoi cette question de gouvernance est-elle indissociable de la surveillance policière constante (les « espions » évoqués précédemment) ? Tout simplement parce que l’espionnage est le régulateur de cette complicité passive. L’État ne cherche pas à éradiquer la corruption ou l’ingérence ; il cherche à les mesurer pour s’assurer qu’elles ne dépassent pas un seuil critique qui menacerait la sécurité nationale. Les informations recueillies servent de levier de négociation discret. Ce système repose sur la méfiance réciproque et le mensonge institutionnel, à l’opposé de la droiture morale exigée par ALLAH :

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