Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net
Dès août 2026, les Marocains se verront imposer un « nouveau passeport biométrique » prétendument plus sécurisé : puce électronique renforcée, page en polycarbonate gravée au laser, photo sécurisée supplémentaire, suppression de l’adresse « pour protéger la vie privée », intégration totale à la CNIE 2.0 et au Registre National de la Population (RNP), sans oublier l’ajout de l’amazighe et de l’anglais. Les autorités parlent de lutte contre la fraude et de modernisation identitaire. Mais derrière ces beaux discours se cache une question explosive : le Maroc prépare-t-il, sous couvert de progrès, son adhésion silencieuse à l’Agenda 2030 de l’ONU et à ses mécanismes de contrôle numérique global ?
Ce n’est pas une simple évolution technique. C’est l’étape décisive d’un maillage complet : passeport biométrique lié à la carte d’identité électronique, elle-même connectée au wallet numérique national d’Idarati X.0, qui unifie plus de 660 démarches administratives dans le cadre de la stratégie Maroc Digital 2030. Tout est interconnecté, traçable, centralisé. On supprime l’adresse pour « protéger » les données pendant qu’on collecte massivement empreintes, visages, signatures numériques et profils complets. Où est la logique, sinon dans la construction d’un citoyen numérique entièrement fiché ?
Le timing hurle la convergence avec l’Agenda 2030.
L’Objectif 16.9 de l’ONU pousse à l’identité juridique universelle via le digital. Le Maroc, via des partenariats avec l’UNDP, a lancé un « Digital for Sustainable Development Hub » et participe à des initiatives DPI (Digital Public Infrastructure) africaines (AfCFTA ADAPT avec Kenya et Nigeria). Digital ID, paiements numériques, traçabilité : tout colle parfaitement au grand agenda global de gouvernance par les données.
Et surtout : où sont réellement stockées ces données sensibles ? Ils nous assurent qu’elles sont « sécurisées ». Mais dans un écosystème où Microsoft et la Fondation Gates multiplient les incursions en Afrique sur les identités numériques, la méfiance est légitime. Le brevet Microsoft WO2020060606 (« Cryptocurrency system using body activity data »), avec son fameux 060606, alimente les soupçons les plus sombres. Même si les officiels expliquent qu’il s’agit de wearables et non d’implants, le symbole et l’obsession de Bill Gates pour le contrôle démographique, les vaccins et les infrastructures digitales mondiales interrogent. Quand un État confie des pans de son identité nationale à des technologies où Big Tech domine (cloud, logiciels, interopérabilité), qui garantit que les données des Marocains ne finissent pas, via des flux techniques ou accords discrets, dans des serveurs étrangers ?
Le Maroc utilise IDEMIA (français) pour la biométrie et des partenaires hexagonaux pour le wallet, mais dans un monde de cloud globalisé et d’accords internationaux (Schengen EES biométrique, etc.), la souveraineté réelle des données reste une illusion. Une faille, une exigence « antiterroriste » ou « de développement », et vos données biométriques deviennent accessibles à des acteurs qui ne rendent de comptes ni au peuple marocain ni à sa Constitution.
C’est le piège classique de l’Agenda 2030 : on vend inclusion, sécurité et commodité, mais on construit une cage de verre. Le passeport n’est plus un simple document de voyage ; il devient la clé d’un profil numérique permanent, potentiellement monétisable, traçable à chaque frontière, chaque démarche, chaque transaction. Demain, votre identité ne vous appartiendra plus vraiment. Marocains, posez les questions qui dérangent :Où sont exactement stockées nos données biométriques?
Quels contrats lient le Royaume à Big Tech et à la Fondation Gates ?
Quelles clauses réelles protègent notre souveraineté numérique face à l’Agenda 2030 ?
Pourquoi cette accélération juste avant 2030 ?
Sans transparence totale, ce « passeport modernisé » risque d’être le premier pas vers une société de surveillance où chaque citoyen est un datapoint dans le grand système global. Le Royaume avance, certes. Mais avance-t-il vers la souveraineté ou vers une dépendance numérique irréversible ? L’alarme est maximale. La vigilance citoyenne doit l’être aussi. Il est encore temps d’exiger des garanties blindées avant que l’irréversible ne s’installe.