28 juillet 2026

Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net et vice-président de l’Association Défense des Victimes d’Injustice

Source: Le Soir

Le Maroc vacille. Pendant que le peuple suffoque sous la précarité, l’injustice sociale et la répression, le Palais royal bouillonne de tensions, de rancœurs accumulées et de guerres de position pour la succession. Mohammed VI, affaibli par des problèmes de santé persistants, semble de plus en plus absorbé par sa famille et ses cercles intimes, laissant un vide dangereux. Rivalités entre frères, sœurs et ex-épouse, influence sulfureuse des « nouveaux favoris », jalousies fratricides… Le sérail n’est plus un havre de sérénité dynastique : c’est un nid de vipères où se joue l’avenir du royaume. Jusqu’à quand ce théâtre d’ombres avant l’implosion ? Le peuple paiera-t-il encore les pots cassés d’une monarchie en fin de règne chaotique ?

Lalla Salma, la « Princesse Fantôme » et les Règlements de Comptes

Divorcée discrètement en 2018, Lalla Salma – mère du prince héritier Moulay Hassan et de Lalla Khadija – avait été effacée de l’iconographie officielle pendant des années. Brutalement écartée, elle aurait reproché au roi son manque d’attention pour leurs enfants. Aujourd’hui, son retour progressif et calculé fait trembler le sérail. Proche de son fils, elle pourrait redevenir une figure centrale à l’accession de Moulay Hassan. Ses détracteurs, notamment les trois sœurs du roi (Lalla Meryem, Lalla Asma et Lalla Hasnaa), qui ne l’ont jamais acceptée (une roturière au caractère trempé), tremblent. Des campagnes de dénigrement passées pourraient se retourner contre leurs auteurs. Vengeance froide en vue ? Le futur roi « ne ménagera pas les artisans de la cabale », murmure-t-on à Rabat et Casablanca. Une onde de choc qui risque de redessiner tous les équilibres familiaux.

Les Azaitar : Les « Bad Boys » qui Font Trembler le Makhzen

Depuis 2018, les frères Azaitar (champions de MMA au passé judiciaire trouble en Allemagne) ont envahi le premier cercle royal. Entraîneurs personnels devenus portiers du roi, ils filtrent les appels, occupent les résidences et utilisent la flotte officielle avec une arrogance qui scandalise la vieille garde. Moulay Rachid (frère du roi) et d’autres princes se sont fait rabrouer sans ménagement : « Sa Majesté est fatiguée ». Ce « péril Raspoutine » irrite les services de sécurité, crée des tensions internes et humilie l’establishment traditionnel. Un roi qui fuit les responsabilités dans le luxe et préfère la compagnie de « bad boys » à celle des conseillers ? Le prestige de la couronne en prend un coup, pendant que le peuple endure.

Succession Explosive : Moulay Hassan vs Moulay Rachid, et les Services en Guerre

La santé du souverain alimente les spéculations les plus alarmantes. La bataille pour l’après-Mohammed VI est lancée. D’un côté, le prince héritier Moulay Hassan (jeune, légitime constitutionnellement, mais encore protégé). De l’autre, Moulay Rachid, le frère cadet, parfois perçu comme une alternative par certaines factions. Les services de renseignement s’affrontent : Hammouchi (sécurité intérieure) vs Mansouri (extérieure) ? Des luttes fratricides au sommet fragilisent l’appareil d’État. Les sœurs veillent jalousement, le cousin Moulay Hicham (le « prince rouge » partisan d’une monarchie constitutionnelle) est surveillé… Tout cela dans un climat de fin de règne suffocant, où coups bas et fébrilité règnent. Une transition mal gérée pourrait ouvrir la boîte de Pandore.

Questions qui Brûlent et qui Menacent le Trône

  • Comment un Palais qui prône l’unité nationale peut-il être rongé par de telles rivalités familiales et claniques pendant que le peuple crie famine et justice ?
  • Lalla Salma reviendra-t-elle en force pour venger les humiliations passées, et à quel prix pour les équilibres actuels ?
  • Les Azaitar sont-ils les nouveaux vizirs ou les fossoyeurs d’un prestige royal déjà écorné par le luxe et l’éloignement ?
  • Moulay Hassan saura-t-il imposer son autorité face aux intrigues, ou assisterons-nous à un remake des purges de 1999 ?
  • Combien de temps le peuple marocain acceptera-t-il de souffrir en silence pendant que les puissants se déchirent pour le pouvoir et les privilèges ?

Ce n’est plus tenable. Derrière la communication millimétrée et les apparences d’harmonie familiale, c’est la guerre des ombres. Une monarchie qui se veut garante de stabilité mais qui laisse pourrir les tensions internes risque l’implosion. Le peuple, déjà exsangue par les inégalités, la répression (Zefzafi, Gen Z, etc.) et les paradoxes économiques, ne tolérera pas éternellement d’être le spectateur impuissant d’un drame dynastique coûteux.

L’alarme est maximale. Le Palais brûle de l’intérieur. Si rien ne change, la succession tant redoutée pourrait bien emporter avec elle bien plus que quelques egos froissés : la cohésion même du royaume. Le Maroc mérite mieux qu’un théâtre de rivalités princières pendant que son peuple endure. Assez ! L’heure de la transparence, de la justice et de la priorité au peuple a sonné. Avant qu’il ne soit trop tard.

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