8 septembre 2026

Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net et vice-président de l’Association Défense des Victimes d’Injustice en Europe

Il n’y a plus ni partis, ni programmes, ni élections au sens classique du terme. Il n’y a qu’un seul parti qui décide vraiment : le Palais. Et un seul programme qui compte : préparer le Maroc au Mondial 2030.

Tout le reste n’est que mise en scène. La nomination de M. Fouzi Lekjaa à la tête de la nouvelle Fondation Maroc 2030, quelques mois avant les échéances électorales, avec des prérogatives qui dépassent celles d’un gouvernement élu et la gestion du Fonds de développement territorial, est un signal politique clair. On écarte M. Aziz Akhannouch de la trajectoire.

Fort de cette légitimité royale immense, M. Lekjaa voit aujourd’hui se rassembler autour de lui les notables et les intermédiaires électoraux de tous les partis et de toutes les régions. Ils mobilisent des milliers de partisans pour l’applaudir dans chaque région. C’est ainsi que se dessèche le terrain politique sous les pieds de son ancien allié, dont l’utilité aux yeux du Makhzen semble arrivée à son terme.

Car il faut le rappeler : M. Lekjaa n’a pas été simplement un ministre dans le gouvernement de M. Akhannouch pendant de longues années. Il en a été le soutien fidèle, celui qui a fait passer les budgets, défendu les intérêts, et qui a souvent joué le rôle de porte-parole officieux pour justifier les politiques d’un gouvernement perçu comme celui du patronat. Il en était le caissier et même l’architecte.

Et du jour au lendemain, le même homme se présente comme opposant, comme militant socialiste à qui l’on chante « Lekjaa repose-toi, nous poursuivrons la lutte », criant contre la bourgeoisie et qualifiant son ancien ami de tous les noms. La scène dépasse la comédie la plus absurde.

Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est à une trahison entre anciens alliés, et à une pièce de théâtre mal jouée pour donner une légitimité au choix du Palais de ses nouveaux serviteurs au sein du Parti Authenticité et Modernité (PAM).

Mais ces nouveaux serviteurs ne pourront pas, comme par le passé, former un gouvernement pare-chocs qui protège le Palais de la colère populaire en temps de sécheresse, de vie chère et de crises. Le choix est trop visible, la préparation du terrain est trop flagrante.

M. Lekjaa et Mme Fatima Mansouri réussiront là où d’autres ont échoué : mettre fin définitivement au processus démocratique de façade, lever le voile sur la démocratie de vitrine, et laisser le peuple face à face avec le Palais.

Le reste vous appartient.

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