Par ALY BAKKALI TAHIRI Rédacteur en chef diplomaticnews.net
Il existe une règle fondamentale de la rhétorique et de la pensée que le spectacle de cette tribune a pulvérisée : ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Lorsqu’une vision est structurée, intégrée et profondément comprise, la parole coule de source, l’appareil phonatoire obéit sans accroc et le verbe s’impose avec une autorité naturelle. À l’inverse, la confusion des idées engendre immédiatement la déroute des mots. Si Fatima Zahra Mansouri s’est avérée incapable de prononcer clairement son texte, c’est tout simplement parce qu’elle ne l’a ni conçu, ni assimilé, ni habité.
La scène politique marocaine a atteint un sommet d’indigence institutionnelle qui ne relève plus de la simple bévue, mais de la faillite caractérisée. Lors de la présentation du programme gouvernemental devant le Parlement, la prestation livrée à la tribune a exposé au grand jour un spectacle affligeant. En butte à des difficultés de lecture répétées, accumulant les fautes grossières de grammaire et de prononciation en arabe classique sur une seule et même phrase — au point de devoir s’y reprendre à trois reprises sur un même mot pour finir par jeter l’éponge et passer au paragraphe suivant —, celle qui prétend incarner la plus haute fonction exécutive a transformé un rendez-vous constitutionnel majeur en mascarade.Même en répétition, une telle approximation ne serait jamais tolérée. Alors, livrée en direct devant la représentation nationale, elle devient purement inacceptable.
La psychologie de l’échec : quand le verbe trahit le néant
Ce naufrage n’est pas qu’un simple accident technique ou un stress de début de mandat ; il met à nu une vérité psychologique implacable. En psychologie cognitive et comportementale, l’incapacité répétée à prononcer un mot ou à fluidifier un discours traduit une résistance inconsciente profonde. Le cerveau bloque parce que la structure linguistique ou le contenu entre en contradiction totale avec la structure mentale de la personne.Lorsque l’oratrice s’acharne trois fois sur un terme sans réussir à l’articuler, avant de l’abandonner avec un détachement glaçant, la scène démontre une déconnexion psychologique totale d’avec le texte propre. Ce qui est incapable d’être prononcé aujourd’hui sera psychologiquement incapable d’être défendu demain. En clair : si l’effort d’énonciation est perçu comme une corvée insupportable, l’effort d’exécution politique le sera plus encore. Ce rejet inconscient du texte annonce la trahison programmée des engagements. Il n’y a pas de plan machiavélique derrière cette incurie, il y a bien pire : le vide sidéral. Personne ne se trouve aux commandes.
Le cynisme de l’esquive
Le plus insupportable dans cette comédie tragique réside dans l’esquive finale. Anticiper les critiques en lâchant, avec un cynisme désarmant, l’aveu préalable que certains allaient gloser sur la maîtrise défaillante de la langue officielle, relève d’un mécanisme de défense pathétique. Évacuer sa propre incompétence par l’ironie, c’est refuser d’assumer sa charge tout en se moquant éperdument de l’auditoire.Le texte n’est pas un accessoire de théâtre découvert en direct. Gouverner n’est pas un exercice de lecture laborieuse pour débutants. Lorsqu’on accède aux responsabilités suprêmes, la feuille de route s’étudie, s’assimile et s’habite jusqu’à ce que chaque mot devienne le prolongement exact de la pensée.
4. Le gâchis d’un symbole : quand la fonction est incarnée par une telle incompétence
Il faut avoir le courage de le poser sur la table sans fard : ce fiasco monumental porte les traits d’une femme, et c’est profondément regrettable. Dans un paysage politique où l’accès des femmes aux plus hautes fonctions exécutives devrait constituer une avancée historique — un étendard absolu de rigueur, de compétence, de sérieux et de rupture avec l’amateurisme ambiant —, offrir un tel spectacle de désinvolture et de légèreté dessert l’ensemble de la fonction publique. Un homme aurait certes mérité le même opprobre pour un tel naufrage, mais voir une dirigeante piétiner ainsi la charge qui lui est confiée laisse un goût amer. L’exigence de probité et d’excellence aurait dû primer ; elle laisse place à la déception face à ce qui ressemble fort à une promotion imméritée.
Le symbole d’un gâchis: quand la fonction est incarnée par une telle incompétence
Il faut avoir le courage de le poser sur la table sans fard : ce fiasco monumental porte les traits d’une femme, et c’est profondément regrettable. Dans un paysage politique où l’accès des femmes aux plus hautes fonctions exécutives devrait constituer une avancée historique — un étendard absolu de rigueur, de compétence, de sérieux et de rupture avec l’amateurisme ambiant —, offrir un tel spectacle de désinvolture et de légèreté dessert l’ensemble de la fonction publique. Un homme aurait certes mérité le même opprobre pour un tel naufrage, mais voir une dirigeante piétiner ainsi la charge qui lui est confiée laisse un goût amer. L’exigence de probité et d’excellence aurait dû primer ; elle laisse place à la déception face à ce qui ressemble fort à une promotion imméritée.
Le constat implacable
Ce naufrage oratoire et comportemental dépasse le simple cadre de l’anecdote linguistique. Lorsque le verbe se bloque, que le texte est rejeté par son appareil phonatoire et que sa lecture se résume à un déchiffrage de niveau primaire exercé avec désinvolture, la messe est dite.Le citoyen n’a pas assisté à la défense d’une vision d’avenir par Fatima Zahra Mansouri, mais à un simulacre bureaucratique où elle se vautre dans le mépris des institutions. Face à cette faillite intellectuelle et psychologique, le constat s’impose avec une rigueur absolue : si porter la parole de l’État, maîtriser les outils d’expression et incarner la charge publique relèvent d’un effort insurmontable et d’un rejet inconscient permanent, alors il est urgent qu’elle change de métier.
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