
Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net et vice-président de l’Association Défense des Victimes d’Injustice
C’est pas une rumeur. C’est confirmé par plusieurs médias espagnols et marocains. À peine sorti de la cérémonie d’allégeance pour la Fête du Trône à Tétouan, Akhannouch monte dans son jet privé – payé par son groupe Akwa – et s’envole vers l’île de Majorque avec famille et amis. Direction le luxueux Four Seasons à Formentor. Tout ça pendant que des milliers de jeunes Marocains risquaient leur vie dans la mer, et que des familles désespérées cherchaient leurs enfants disparus.
Pas un mot. Pas une condoléance. Pas une déclaration.
Pendant que des mères pleuraient leurs fils noyés ou portés disparus, le Premier ministre bronzait en Espagne. Zéro compassion publique. Zéro prise de responsabilité. Même pas un communiqué sobre. Rien. Le silence était total… jusqu’à ce que le roi Mohammed VI lui ordonne personnellement de rentrer au bout de moins de 48 heures.
C’est pas une simple gaffe de communication. C’est un symbole violent.
Un Premier ministre qui représente le gouvernement, censé être au service du peuple, choisit de partir en vacances privées au moment précis où son pays vit sa pire crise migratoire récente. Des jeunes se noient, des familles sont en détresse, et lui, milliardaire à la tête d’un des plus gros empires économiques du Maroc, choisit le luxe espagnol.
Ça en dit long sur le décalage abyssal entre cette élite et la réalité vécue par la jeunesse marocaine. Une jeunesse qui étouffe, qui n’a plus d’espoir, et qui préfère risquer la mort en mer plutôt que de rester dans un pays qui ne lui offre rien.
Le roi a dû le rappeler à l’ordre. Ça aussi, c’est parlant.
Le peuple marocain mérite mieux que des dirigeants qui disparaissent en jet privé quand les corps flottent. C’est indécent. C’est insultant. Et ça pose une question simple mais terrible :
À quel moment cette élite comprendra-t-elle que le peuple n’est pas là pour servir leur confort, mais l’inverse ?