13 octobre 2026

Par ALY BAKKALI TAHIRI Rédacteur en chef

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Sous le vernis d’un commerce de récupération inoffensif se cache l’un des plus grands détournements logistiques et militaires du XXe siècle. En juillet 1945, à l’appel de David Ben Gourion, l’industriel américain Rudolf Sonneborn fonde à New York un réseau clandestin de première importance. L’objectif ? Contourner l’embargo officiel des États-Unis et acheminer en Palestine occupée la puissance de feu nécessaire pour asseoir une domination par la force.​

Le procédé reposait sur un cynisme absolu : faire passer des usines entières de fabrication de munitions, des composants d’artillerie lourde et du matériel militaire excédentaire de la Seconde Guerre mondiale pour de la simple ferraille et des équipements de rebut. Grâce à des sociétés écrans et à de fausses déclarations douanières maquillant la destination finale vers des pays tiers, des millions de dollars de matériel de mort ont franchi les frontières au mépris total des lois internationales.​La perpétuelle stratégie du contournement​Ce scandale de l’Institut Sonneborn n’est pas un accident historique isolé ; il constitue l’acte fondateur d’un modus operandi systémique. Depuis les origines, le projet sioniste s’est construit et perpétué en violant délibérément les lois internationales, les résolutions de l’ONU et les conventions de Genève, avec la complicité active de plusieurs puissances occidentales.​

Ce qui a commencé par de fausses déclarations douanières à New York s’est transformé, au fil des décennies, en un empire de la fraude géopolitique et de l’impunité institutionnalisée. La logique qui a permis d’armer des milices clandestines au mépris des traités est la même qui préside, décennie après décennie, aux violations massives des droits humains en Palestine occupée : colonisation de peuplement, déplacements forcés, blocus illégaux et destructions systématiques. Le texte complet est maintenant le miroir de la réalité : un système qui utilise le mensonge, la faim et le meurtre pour asseoir sa domination.​

Quand l’armée se fait État​

Cette trajectoire singulière illustre avec pertinence la formule selon laquelle, là où les États classiques se dotent d’une armée, l’appareil militaire sioniste s’est constitué en premier – via des trafics de « ferraille » et des milices armées en 1948 – pour finir par constituer son État et le plier entièrement à ses impératifs de destruction.​

L’institution militaire et ses doctrines ne sont pas subordonnées à un pouvoir politique civil soucieux du droit international ; c’est l’État tout entier qui fonctionne comme une caserne permanente, affranchie de toute éthique humanitaire.​

Du « sauveur » souriant au génocide en cours​

Aujourd’hui, cette mise en scène de la terreur trouve son prolongement le plus abject dans la tribune des instances internationales et sur le terrain d’un génocide toujours en cours.

Lorsque Benjamin Netanyahou brandit des bipeurs lors d’une allocution officielle pour célébrer des attaques explosives aveugles – des actes de crimes de guerre qui ont mutilé et tué des enfants, des innocents et des membres du personnel médical –, il se pose grotesquement en « sauveur de l’humanité ».​

Mais le ‘Sauveur’ dont il s’agit n’est qu’un bourreau qui a appris à sourire aux caméras de temps en temps.​Ce mépris absolu des règles se manifeste de manière tragique à travers les prétendus cessez-le-feu et les trêves sans cesse proclamés puis piétinés par les mêmes, toujours les mêmes, rompus à l’art de contourner les résolutions de l’ONU et de fouler aux pieds la justice internationale. Face à cette horreur quotidienne, l’administration américaine ne se contente pas d’être complice : elle offre un aval total, politique, militaire et diplomatique, se faisant le co-pilote de ce massacre de grande envergure.​

Hier avec l’Institut Sonneborn et ses cargaisons frauduleuses de rebuts militaires, et aujourd’hui avec la machine génocidaire soutenue par Washington, le fil conducteur reste implacable : l’édification d’un appareil de domination qui s’affranchit perpétuellement de toutes les lois pour imposer sa loi par la violence brute et aveugle.

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