1 novembre 2026

Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net et vice-président de l’Association Défense des Victimes d’Injustice en Europe

La dégradation critique de l’état de santé du bâtonnier Mohamed Ziane, âgé de 84 ans, ne relève plus de la simple défaillance carcérale ou de la négligence médicale. Diagnostiqué d’une tumeur prostatique, affaibli par une perte de poids alarmante, une malnutrition chronique et des pressions psychologiques inouïes, l’ancien ministre et avocat subit une lente agonie orchestrée derrière les murs de sa cellule.​Cette tragédie en cours prend une tournure encore plus glaçante à la lumière des analyses d’observateurs lucides, à l’instar du journaliste d’investigation Ali Mrabet. Ce dernier l’a affirmé sans ambages : le Makhzen cherche à faire de Mohamed Ziane un exemple macabre, un avertissement suprême destiné à tétaniser la société marocaine. Le message implicite mais terrifiant asséné par le pouvoir est limpide : quiconque oserait élever la voix, réclamer ses droits fondamentaux ou critiquer la corruption établie s’expose au néant, à l’isolement et à la mort lente. La soumission totale ou la destruction physique, telle est l’alternative que l’on impose aux consciences libres.

Le contraste obscène de la clémence et de la vindicte

L’abîme moral dans lequel s’enfonce ce système se mesure avec une clarté insoutenable lorsqu’on le met en parallèle avec son traitement de la justice. D’un côté, on assiste à une cruauté implacable, calculée et sans pitié, réservée aux octogénaires dont le seul « tort » est d’avoir exercé leur liberté de parole et contesté les lignes rouges du régime. De l’autre, l’histoire récente du royaume garde la cicatrice indélébile de scandales révoltants, où des prédateurs sexuels et des pédocriminels notoires — à l’image du tristement célèbre Daniel Galvan — ont bénéficié de grâces royales instantanées et d’une impunité dorée sous le sceau de la complaisance politique.​Comment tolérer un tel télescopage éthique ? La clémence infinie offerte aux bourreaux de l’innocence contraste de façon obscène avec le supplice infligé à un homme de loi qui a consacré sa vie à la défense des libertés. En choisissant de laisser consumer la santé de Mohamed Ziane pour terroriser une nation entière, le pouvoir expose au grand jour sa véritable boussole : la protection des criminels et l’élimination silencieuse des résistants.​La santé, l’intégrité et la dignité d’un être humain ne sauraient être des variables d’ajustement géopolitiques ni des outils pédagogiques de terreur. Face à ce péril imminent, le silence de l’opinion internationale et la résignation complice ne sont plus tolérables. L’acharnement contre Mohamed Ziane dévoile la panique d’un système qui, redoutant la vérité, tente de liquider le courage par l’usure de la maladie.

La clémence offerte aux monstres et la vindicte infligée aux sages ne dessinent pas un État de droit, elles révèlent la panique d’un système prêt à tout pour survivre à sa propre turpitude.​

​Cette vidéo rappelle le scandale retentissant de la grâce royale accordée à des criminels sexuels au Maroc, illustrant le contraste glaçant entre l’impunité offerte aux pires bourreaux et l’acharnement carcéral subi par les voix dissidentes.

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