7 avril 2026

Sources : La Patrie News – Hespress – Virgule

Par Lhoucine Benlail Analyste politique et ancien responsable au sein de l’institution wallonne «prevention au terrorisme»

L’Europe assiste aujourd’hui à une expansion préoccupante des réseaux d’influence liés aux services de renseignement extérieur du Maroc (DGED). Ces manœuvres, qui ciblent principalement la Belgique, les Pays-Bas, la France et l’Espagne, visent à s’immiscer au cœur des communautés de Marocains Résidant à l’Étranger (MRE) et des lieux de culte. Sous couvert de gestion religieuse, ces réseaux cherchent à imposer un agenda politique étranger, au risque de fragiliser la stabilité des pays hôtes.

Le précédent espagnol et la métastase des réseaux

En 2013, l’Espagne avait mis au jour un réseau d’envergure dirigé par Noureddine Ziani, alors président de l’Union des centres culturels islamiques de Catalogne. Accusé de porter atteinte à la sécurité nationale pour le compte de la DGED, il fut expulsé vers le Maroc. Cependant, cette mesure n’a pas suffi à démanteler l’influence du groupe : nombre de ses collaborateurs se sont exilés vers la Belgique, la France et les Pays-Bas, où ils poursuivent leurs activités sous un vernis religieux.

Les mosquées : entre encadrement spirituel et surveillance technique

L’un des aspects les plus sombres de cette infiltration réside dans l’usage de certaines mosquées comme plateformes de renseignement. Certains imams, agissant comme des agents de liaison, utiliseraient ces espaces pour diffuser des orientations politiques conformes aux intérêts de Rabat.

Plus grave encore, des dispositifs technologiques, tels que des caméras dissimulées, auraient été installés dans certains lieux de prière à l’insu des fidèles. Les images collectées sont ensuite transmises à des services de sécurité extérieurs, constituant une violation flagrante des lois européennes sur la protection de la vie privée et la liberté de culte.

Pressions sur la dissidence et opacité financière

En Belgique, la communauté marocaine — et particulièrement les journalistes, opposants et acteurs politiques — dénonce un climat de harcèlement croissant. Cette influence s’étendrait jusqu’à des institutions culturelles et des fondations de renom, telles que la Fondation Hassan II. Parallèlement, la gestion financière des lieux de culte suscite de vives tensions. Des sommes colossales, collectées sous forme de dons pour l’achat ou l’entretien de mosquées, échapperaient à tout contrôle transparent. Les fidèles réclamant un droit de regard sur la comptabilité s’exposent souvent à l’exclusion, les gestionnaires de ces lieux semblant oublier que la mosquée est un espace sacré voué à Dieu, et non une propriété privée au service d’intérêts partisans.

Un appel à la vigilance européenne.

Face à ces menaces d’ingérence, il devient impératif pour les autorités européennes de renforcer la surveillance des activités religieuses et culturelles liées à ces réseaux. La protection des libertés individuelles et de la sécurité nationale exige une coopération accrue entre les États membres et une vigilance constante pour préserver l’indépendance de la diaspora marocaine face aux pressions extérieures.

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