7 août 2026

Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net et vice-président de l’Association Défense des Victimes d’Injustice

Pendant que des dizaines de jeunes Marocains se noyaient ou disparaissaient dans les eaux de Ceuta, Aziz Akhannouch, Premier ministre du Maroc, s’offrait des vacances de luxe à Majorque. Hôtel cinq étoiles. Sorties en yacht. Jet privé. Silence total sur les morts. Aucune condoléance. Aucun message aux familles.

Mais voilà que même l’Espagne ne voulait plus de lui.

Selon des sources journalistiques, les autorités espagnoles lui ont demandé de quitter Majorque. Pourquoi ? Parce que des partis politiques et des organisations de la société civile préparaient des manifestations contre sa présence. La presse espagnole s’apprêtait à couvrir l’événement. Et cerise sur le gâteau : le roi d’Espagne et sa famille se trouvaient eux aussi sur l’île au même moment.

Le message n’est même pas passé directement. Il a transité par le ministère marocain des Affaires étrangères. Résultat : Akhannouch a plié bagage, pris un vol pour rentrer au Maroc, fait un passage éclair à Rabat… puis s’est envolé direction Agadir/Taghazout pour « se reposer ».

Se reposer ?

Pendant que le pays est encore sous le choc d’une catastrophe humanitaire, que des mères cherchent encore leurs enfants disparus, que des familles n’ont toujours reçu aucun mot officiel de compassion, le Premier ministre choisit de continuer ses vacances. D’abord chassé de Majorque par la pression populaire espagnole, il se réfugie ensuite sur les plages de Taghazout.

Comment ose-t-on ?

Comment un homme censé diriger le gouvernement peut-il successivement :

  • Partir en jet privé pendant que sa jeunesse se noie,
  • Ne pas adresser un seul mot aux familles des victimes,
  • Se faire demander de quitter une île espagnole à cause de manifestations,
  • Et choisir encore une fois de « se reposer » au lieu de rester à Rabat pour gérer la crise ?

Est-ce cela, gouverner ? Est-ce cela, représenter un peuple ?

La question brûle : à qui sert réellement ce Premier ministre ?
Aux citoyens qui meurent en tentant de fuir la misère… ou à son propre confort, à ses yachts, à ses hôtels de luxe et à ses séjours prolongés loin des dossiers qui brûlent ?

Le peuple marocain n’a pas besoin d’un Premier ministre qui fuit les manifestants et les responsabilités. Il a besoin d’un dirigeant qui regarde les morts en face, qui s’excuse, qui agit, et qui reste à son poste quand le pays saigne.

Majorque l’a rejeté. Taghazout ne lavera pas cette indignité.
Et le silence sur les noyés de Ceuta restera gravé comme une tache indélébile.

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