
Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net
La communauté marocaine et musulmane d’Europe, et plus particulièrement en Belgique, son cœur battant, se réveille face à une amère réalité qui dépasse les frontières du chaos organisationnel pour atteindre le seuil du crime organisé au sein même des lieux les plus sacrés. Les mosquées, fondées pour être des phares de spiritualité et d’éducation, sont devenues, dans des villes comme Liège, les otages de « parties aux motivations obscures mais bien connues ». Celles-ci les ont transformées en boutiques de collecte de dons massifs et en projets d’investissement générant des fonds suspects, loin de tout contrôle légal ou moral. Ce qui se passe aujourd’hui dans l’une des mosquées de la ville de Liège n’est pas un simple « malentendu » administratif, mais un scandale absolu où une véritable « mafia » contrôle les rouages de la gestion, exploitant les sentiments des bienfaiteurs pour remplir des poches insatiables. Malheur à quiconque oserait dire « non » ou réclamer de la transparence.
La tyrannie de ces réseaux a atteint le point d’exercer un « terrorisme psychologique et physique » contre les protecteurs de la chaire (le Minbar). Les imams qui ont refusé de servir de simples « façades » pour couvrir les opérations de pillage, malgré leur affiliation à des instances officielles, se sont retrouvés contraints de partir sous la menace d’armes ou d’agressions lâches. La plus grande溫choc réside sans doute dans l’histoire de cet imam dont le seul crime a été de réclamer la restitution des fonds de dons pillés afin qu’ils retournent à leur vocation d’origine. Il a été payé en retour par une agression physique sauvage et des menaces qui ont fini par lui causer un accident vasculaire cérébral (AVC), dans une scène honteuse qui confirme que nous faisons face à des gangs ne respectant ni la sacralité de la mosquée, ni la dignité humaine. Cette insolence ne s’est pas arrêtée aux imams ; la main de la trahison s’est également tendue pour frapper une enseignante bénévole qui offrait son temps pour enseigner la langue arabe aux enfants de la communauté. Elle a subi une agression verbale et physique odieuse au sein même de l’enceinte de la mosquée, et ce, durant le mois du Ramadan béni. Son dossier piétine encore dans les couloirs de la police de Liège, comme si quelqu’un tirait les ficelles en coulisses pour garantir l’impunité des coupables.
Devant ce spectacle surréaliste, une question brûlante se pose : qui protège les imams contre ces agressions répétées ? Et qui couvre ce chaos total qui frappe les mosquées de Belgique ? Le silence de plomb observé par l’ambassade et le consulat du Maroc soulève plus d’un point d’interrogation. Alors que la dignité des citoyens marocains est bafouée et que leur argent est pillé au nom de la religion, les autorités officielles se contentent d’un rôle de spectateur, comme si la scène se déroulait sur une autre planète. Attendons-nous qu’une catastrophe encore plus grande se produise pour que la machine diplomatique s’active ? Ou bien le dernier mot revient-il désormais à cette mafia qui a réussi à infiltrer les rouages du travail associatif et religieux ? Protéger les « maisons d’ALLAH » de cette exploitation abjecte et protéger les imams de la tyrannie de ces « marchands de religion » – que les autorités du Consulat Général ne connaissent que trop bien – est une responsabilité morale et légale qui incombe tant aux autorités belges que marocaines. Faute de quoi, nous annonçons officiellement la remise des clés de nos mosquées à des gangs sans foi ni loi, qui n’adorent que le dirham et l’euro.