27 juin 2026

Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net

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Alarme rouge.

Pendant que les Marocains du monde envoient des milliards de dirhams pour soutenir leur famille, construire, investir et faire tourner l’économie marocaine, une bureaucratie européenne sournoise s’apprête à transformer ces envois vitaux en un parcours du combattant administratif infernal. Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, a sonné l’alerte le 23 juin 2026 : les nouvelles exigences européennes risquent de noyer les MRE sous des « papiers à n’en plus finir ». Attestations de revenus, preuves de paiement d’impôts dans le pays de résidence, justificatifs interminables… Le but ? Ralentir, décourager, asphyxier les flux financiers vers le Royaume. share.googleC’est bien plus qu’une simple complication technique. C’est une menace existentielle pour des centaines de milliers de familles marocaines et pour l’économie nationale qui dépend lourdement de ces transferts. On parle ici de 130 milliards de dirhams qui pourraient être mis en péril par une directive européenne post-Brexit qui complique l’activité des banques marocaines installées sur le Vieux Continent. share.google

Qui gagne dans cette guerre invisible ?

Pourquoi l’Europe, soudainement, resserre-t-elle l’étau sur ces flux ?

Au nom de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, disent-ils. Mais posons les vraies questions :Pourquoi cibler particulièrement les filiales bancaires marocaines qui servent de relais efficaces et fiables depuis des décennies ?

Pourquoi imposer des charges administratives disproportionnées qui touchent en priorité les travailleurs immigrés honnêtes plutôt que les vrais circuits mafieux ?

Est-ce une coïncidence si cela arrive alors que le Maroc affirme son indépendance stratégique, renforce ses partenariats diversifiés et attire des investissements hors du giron européen traditionnel ?

Les MRE ne sont pas des suspects par défaut.

Ce sont des contributeurs majeurs : ils envoient de l’argent gagné à la sueur de leur front, souvent dans des conditions difficiles, pour aider les leurs. Les transformer en coupables potentiels par excès de paperasse, c’est les punir pour leur loyauté envers le Maroc. C’est décourager l’investissement au pays. C’est risquer de voir ces fonds se détourner vers d’autres circuits moins transparents ou rester bloqués en Europe.

Bank Al-Maghrib tente de négocier pays par pays, en commençant par la France, pour limiter les « goulots d’étranglement ».

Bravo pour l’effort. Mais est-ce suffisant ? Face à une machine bureaucratique européenne qui avance masquée derrière des règlements techniques, Rabat doit-il se contenter de « limiter les dégâts » ou passer à l’offensive : diversification accélérée des canaux de transfert, pression diplomatique forte, et développement d’alternatives fintech ou intra-africaines ?

Le piège est en train de se refermer

Jouahri a raison d’être inquiet : « On peut vous demander des papiers à n’en plus finir. » Cette phrase résume tout. Derrière chaque attestation supplémentaire se cache une journée de travail perdue, des frais bancaires en plus, de la frustration accumulée, et à terme, des transferts qui diminuent ou qui s’arrêtent. Pour les familles restées au Maroc, c’est la scolarité compromise, les soins médicaux reportés, les projets immobiliers gelés.Question urgente aux autorités marocaines : jusqu’où irez-vous pour protéger vos citoyens à l’étranger ? Allez-vous laisser une directive européenne dicter le rythme des relations familiales et économiques avec la diaspora ? Allez-vous tolérer que l’on transforme un droit légitime (envoyer son argent où l’on veut) en privilège administratif conditionné ?Aux MRE : restez vigilants. Exigez la transparence sur ces nouvelles règles. Ne vous laissez pas décourager. Votre argent est votre arme la plus puissante pour le développement du Maroc.

Ce n’est pas qu’une histoire de banques et de transferts. C’est une question de souveraineté, de dignité et d’avenir. Si l’Europe veut compliquer la vie des Marocains qui travaillent chez elle, le Maroc et sa diaspora doivent répondre par plus d’intelligence, plus d’unité et plus d’autonomie financière.L’heure n’est plus aux demi-mesures. Le piège des papiers est posé. Il faut le dénoncer, le contourner et le briser avant qu’il ne saigne à blanc des communautés entières. Le silence ou l’acceptation passive seraient une trahison envers ceux qui font vivre le Maroc de l’extérieur. Réveillez-vous. Agissez. Protégez les transferts des MRE comme vous protégez la stabilité du pays. C’est la même bataille.

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