18 août 2026

Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net et vice-président de l’Association Défense des Victimes d’Injustice en Europe

: De l’enlèvement de Ben Barka à l’assassinat de Benjelloun – Révélations de Ahmed Boukhari sur Abdelkader Saka et le financement occulteRabat / Paris – C’est l’histoire d’une police parallèle qui a marqué 30 ans de l’histoire du Maroc.

Le CAB1.I. LE CAB1 – LE CABINET NOIR

Le CAB1 (Cabinet 1) est la cellule politique de la DST, la Direction Générale de la Surveillance du Territoire. Surnommé par les militants « Contrôle des Âmes et des Biens » (Al-Kabti), il est au coeur des années de plomb.Deux adresses symboliques : la rue Moulay Idriss à Rabat, siège administratif, et le centre secret de Derb Moulay Cherif à Casablanca, qui a fonctionné de 1959 à 1991.

II. LES DEUX HOMMES : BOUKHARI ET SAKA

Ahmed Boukhari (1938 à Safi – 16 février 2025 à Casablanca) est un ancien agent du CAB1. Il travaillait au standard téléphonique, le centre névralgique où passaient tous les appels opérationnels. Son collègue direct était Abdelkader Saka, présenté dans la vidéo que nous avons analysée (Épisode 290/23) comme « le plus grand tortionnaire au CAB1 ». Saka était chef d’équipe opérationnelle, chargé des interrogatoires à Derb Moulay Cherif.

III. PREMIÈRE AFFAIRE : L’ENLÈVEMENT DE MEHDI BEN BARKA – PARIS, 29 OCTOBRE 1965

C’est le témoignage qui a rendu Boukhari célèbre mondialement en 2001.Il affirme avoir participé à l’opération qui a organisé l’enlèvement et la liquidation de Mehdi Ben Barka. Il était de permanence au standard du CAB1 ce jour-là et a suivi heure par heure l’opération à Paris.Selon ses déclarations : des agents marocains auraient tué Ben Barka lors d’un interrogatoire dans une villa au sud de Paris, en présence du Ministre de l’Intérieur Mohammed Oufkir et de son adjoint Ahmed Dlimi, avant que le corps ne soit transféré à Rabat dans la nuit du 31 octobre et dissous dans l’acide

.IV. DEUXIÈME AFFAIRE : L’ASSASSINAT DE OMAR BENJELLOUN – CASABLANCA, 18 DÉCEMBRE 1975

Dix ans plus tard, même mode opératoire.Omar Benjelloun, né en 1936 à Aïn Beni Mathar, idéologue et dirigeant de l’USFP, est assassiné à l’arme blanche devant son domicile à Casablanca.L’auteur officiel : la Chabiba Islamiya. Son action la plus mémorable fut l’assassinat à l’arme blanche le 18 décembre 1975 d’un des dirigeants de l’USFP, Omar Benjelloun. Mais la lecture de l’USFP et de nombreux historiens : la Chabiba, qui accusait Benjelloun d’athéisme dans tous ses tracts, aurait été infiltrée et instrumentalisée par le CAB1 pour éliminer la tête pensante de la gauche marocaine, après l’échec d’un colis piégé en 1973.V. LE FINANCEMENT OCCULTE – RÉVÉLATIONS SUR LES APPARTEMENTS DU CAB1

Selon des témoignages exclusifs recueillis par Diplomatique News auprès d’anciens informateurs, le CAB1 ne fonctionnait pas sur budget officiel. Ces sources, qui requièrent l’anonymat, affirment que :Le financement provenait de boîtes de nuit, de bars et de maisons closes situées à Casablanca, Mohammedia, Rabat et Kénitra. Cet argent sale servait à payer des appartements de rendez-vous secrets.

Chaque informateur, y compris des personnes issues du milieu de la prostitution, disposait d’une clé de ces appartements pour y déposer des informations.

C’est dans ces appartements que se faisaient les rencontres entre officiers traitants et indicateurs.

NOTE DE LA RÉDACTION :

Les éléments du chapitre V reposent sur des témoignages anonymes non confirmés par une décision de justice. Ils sont publiés en tant que témoignages à vérifier dans le cadre d’une enquête journalistique en cours.

Fin du dossier.

À suivre.

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