
Par Lhoucine BENLAIL – diplomaticnews.net
En Belgique, terre d’accueil de centaines de milliers de musulmans, au premier rang desquels une communauté marocaine historique, des associations de défense du rite halal ont porté leurs griefs devant les tribunaux. Leur revendication est pourtant simple : le droit pour les musulmans de consommer une viande abattue selon les préceptes de leur foi. Le verdict ? Une fin de recevabilité brutale. L’arrêt de la cour est tombé comme un camouflet pour tout musulman convaincu de sa dignité religieuse en Europe. L’affaire n’est plus technique ou juridique ; elle est devenue une déclaration de guerre contre l’identité de millions de résidents.
Où êtes-vous donc, vous qui prétendez représenter la communauté ?
Où vous cachez-vous, politiciens musulmans qui saturez le Parlement belge et les institutions européennes grâce aux voix des Marocains de Molenbeek et d’Anderlecht ? Des années durant, ils vous ont accordé leur confiance, ont voté pour vous et vous ont portés à bout de bras, bercés par l’espoir que vous défendriez leurs droits les plus élémentaires : manger une viande véritablement halal, et non un produit abattu selon des normes contraires à leur foi puis vendu sous couvert d’une certification frauduleuse.
Aujourd’hui, alors que vous siégez dans les cercles du pouvoir, quelle est votre empreinte ? Où résonne votre voix au Parlement ? Quelle est votre influence directe dans les tribunaux ?
Ce silence est suspect. Cette trahison est amère.
Vous qui brandissiez les slogans de la « défense de la communauté » lors des campagnes électorales, vous disparaissez aujourd’hui comme des ombres dès que l’on a réellement besoin de vous. Les Marocains ne vous ont pas élus pour décorer les photos officielles ou percevoir des salaires mirobolants, mais pour être leur voix lorsque leur dignité religieuse est bafouée. Vous avez échoué. Votre échec est total.Puis vient la grande mascarade : comment peut-il exister de la « viande halal » en Belgique alors que l’abattage rituel y est proscrit ? D’où provient ce prétendu « halal » ? Qui contrôle ces certificats vendus à prix d’or dans les boucheries et les supermarchés ? Sommes-nous face à un marché noir qui appose une étiquette islamique sur une viande issue d’un abattage laïc européen, afin de dépouiller les poches des musulmans tout en insultant leur foi ?
Il ne s’agit pas d’une simple erreur administrative, mais d’une fraude organisée au détriment du consommateur musulman. La responsabilité incombe d’abord à la communauté elle-même, restée trop longtemps silencieuse, puis à ses politiciens qui ont troqué leur cause contre un siège parlementaire. Si ces élus étaient des hommes d’honneur, ils feraient trembler l’hémicycle, proposeraient des projets de loi, assiégeraient les tribunaux et contraindraient le gouvernement belge à reculer. Au lieu de cela, ils ont préféré le mutisme et la complaisance au sein de gouvernements qui valident de tels jugements.
Il est grand temps de promulguer des lois rigoureuses protégeant le consommateur musulman de ces manipulations. Des lois qui criminalisent la vente de « faux halal », imposent un contrôle réel et sanctionnent les entités qui exploitent la religion à des fins mercantiles. Mais ces lois ne verront pas le jour d’elles-mêmes. Elles exigent des voix musulmanes audacieuses au sein des institutions, et non des politiciens qui tremblent d’être accusés d’extrémisme dès qu’ils défendent les rites de leur religion.
Le silence n’est plus une option.
La responsabilité pèse lourdement sur quiconque a été élu par les voix des musulmans, et sur une communauté qui attend toujours un défenseur de sa dignité au lieu de se contenter de doléances dans les mosquées. Soit ces politiciens agissent dès maintenant pour prouver qu’ils sont dignes de confiance, soit leur imposture sera mise à nu et ils seront jetés dans les poubelles de l’histoire, parmi les traîtres à la cause de leur nation.La dignité religieuse n’est pas un luxe, c’est un droit sacré. Et quiconque y renonce aujourd’hui devra en rendre compte demain, devant Dieu et devant son peuple.