
Par ALY BAKKALI TAHIRI Rédacteur en chef
La mesure récente par laquelle le gouvernement azerbaïdjanais interdit aux élèves et aux enseignantes portant le hijab d’accéder aux établissements scolaires ne constitue pas un simple ajustement bureaucratique des règles vestimentaires. Elle met en lumière une contradiction fondamentale au sein d’un État à majorité musulmane qui réprime l’expression visible de sa propre foi sur son territoire, tout en tissant des alliances géopolitiques étroites avec l’entité sioniste.
La laïcité d’État comme instrument de coercition
En invoquant le principe constitutionnel de la laïcité à travers des directives telles que la décision n° 309 du Cabinet des ministres, les autorités de Bakou ciblent de fait les jeunes filles et les enseignantes qui choisissent de porter le foulard islamique. Des dizaines d’élèves se voient ainsi refuser l’accès aux salles de classe, ce qui soulève une question centrale : au nom de quelle neutralité institutionnelle un État prive-t-il des citoyennes de leur droit fondamental à l’éducation en raison de leur piété ?
Cette politique répressive ne relève pas d’une gestion neutre de l’espace public, mais bien d’une volonté coercitive d’uniformisation. Elle pénalise une pratique religieuse pacifique tout en envoyant un signal clair d’intolérance envers l’islam sunnite pratiqué par une grande partie de la population.
Le double jeu géopolitique de Bakou
Il est impossible d’analyser cette dérive liberticide en vase clos, sans la relier aux choix géopolitiques du régime. L’Azerbaïdjan entretient des relations diplomatiques, militaires et économiques particulièrement poussées avec Israël, devenant l’un de ses principaux fournisseurs d’hydrocarbures tout en important massivement ses technologies militaires et de surveillance.
Dès lors, un tel alignement stratégique éclaire d’un jour nouveau la persécution menée à l’intérieur des frontières azéries. Lorsque le pouvoir politique choisit de s’allier activement avec un régime colonial et génocidaire honni par les peuples de la région et du monde, la marginalisation des repères islamiques locaux apparaît comme une composante logique d’un agenda visant à complaire à des parrains extérieurs au détriment de l’identité et de la dignité de la population.
Les questions qui fâchent
La rhétorique officielle invoquant la modernité et la laïcité se fracasse sur la réalité des faits. Comment justifier que l’accès au savoir soit conditionné à l’abandon d’une obligation religieuse, sinon par une volonté délibérée d’effacer les marqueurs de l’islam dans l’espace public ? Et comment un État prétendant représenter une nation musulmane peut-il intensifier sa répression contre les femmes voilées tout en déroulant le tapis rouge aux représentants de l’entité sioniste génocidaire ?
Ce lien direct entre persécution interne et compromission géopolitique démontre que le combat mené contre le hijab en Azerbaïdjan est le symptôme d’un pouvoir qui s’éloigne de son peuple pour servir des intérêts étrangers.
Nous attendons avec impatience l’intervention des États sunnites se positionner clairement et condamner fermement cette décision scélérate contre un principe fondamental de l’islam.