18 septembre 2026

Par Lhoucine BENLAIL vice-président de diplomaticnews.net et vice-président de l’Association Défense des Victimes d’Injustice en Europe

Mercredi 16 septembre 2026. Pendant que le monde regarde ailleurs, Israël et le Maroc annoncent l’ouverture d’ambassades réciproques. Pas un simple bureau de liaison. Des ambassades. Des ambassadeurs. Des accords économiques d’ici la fin de l’année. Plus de vols directs. Tout ça sous le regard bienveillant de Washington, via Mike Waltz.

Six ans après les Accords d’Abraham, le Maroc officialise ce que beaucoup de Marocains rejetaient déjà dans la rue : la normalisation pleine et entière avec un État engagé dans une guerre à Gaza qui a fait des centaines de milliers de massacrés, un vrai genocides. Le pouvoir marocain n’a pas commenté. Silence. Comme si le peuple n’existait pas.

Qui tire vraiment les ficelles ? Officiellement : Saar, Bourita, Waltz. Dans les coulisses de longue date : le conseiller royal André Azoulay, juif marocain, possédant trois nationalités, marocaine israélienne et française, homme de confiance du Roi, décoré en Israël , infatigable promoteur du dialogue depuis des décennies. Il n’est pas le signataire de l’annonce de 2026. Mais il incarne parfaitement la ligne du Palais : pragmatisme économique et sécuritaire, Sahara occidental en ligne de mire, relations avec Israël préservées quoi qu’il arrive à Gaza. Est-ce lui « derrière » ? Non. Est-il le symbole vivant de cette orientation royale constante ? Oui.

Questions qui brûlent :

Pourquoi maintenant, alors que la guerre à Gaza n’est pas finie et que la rue marocaine a déjà montré sa colère ?

Combien vaut vraiment la reconnaissance américaine du Sahara occidental face au prix politique interne ?

Pourquoi le Maroc reste-t-il le seul grand pays arabe à accélérer pendant que d’autres freinent ?

Qui profite réellement :

les élites économiques et sécuritaires des deux côtés, ou les peuples ?Et la solution à deux États que Azoulay lui-même a longtemps défendue : est-elle encore crédible quand on ouvre des ambassades pendant que les Palestiniens meurent ?

Ce n’est pas une simple formalité diplomatique.

C’est un choix politique assumé par le sommet de l’État marocain, dans la continuité des Accords d’Abraham, sous parrainage américain, avec l’appui discret mais constant de figures comme Azoulay. La rue a protesté. Le pouvoir a continué. Les ambassades vont s’ouvrir. Les questions, elles, restent.

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