29 August 2025

Édité par notre Bénévole Lhoucine BENLAIL Directeur Officiel Diplomaticnews.net

Par Lhoucine BENLAIL – Diplomatic News

Dans une nation qui gémit sous le fardeau de la cherté de la vie et de l’érosion du pouvoir d’achat des citoyens, et à un moment où la grande majorité réclame l’austérité et le resserrement de la ceinture, le Ministère de l’Économie et des Finances nous sort une affaire qui sent la corruption et le népotisme, confirmant que les richesses de ce pays ne sont pas pour tous, mais un butin exclusif pour ceux qui siègent sur les chaises du pouvoir et de l’influence. L’affaire, qui est en réalité un scandale, concerne la vente d’une propriété classée “domaine privé de l’État” à une personnalité pas comme les autres : le Commandant en Chef de la Gendarmerie Royale, Mohamed Harmou, à titre personnel et non officiel.

Et ce, au prix de 500 dirhams le mètre carré pour un terrain dont la valeur est de l’or. Quelle générosité à la Hatim !

Ici, nous nous arrêtons pour demander à la Ministre de l’Économie et des Finances, Madame Nadia Fettah, qui est censée être la gardienne du trésor public et de ses biens : sur quelle base légale et éthique cette transaction suspecte a-t-elle été approuvée ? Comment un bien public, qui appartient à l’origine à tous les Marocains, devient-il une propriété privée d’une personnalité influente à ce prix et de cette manière suspecte ? Les lois de la vente et de l’achat sont-elles devenues taillées sur mesure pour les détenteurs de l’influence, tandis que le citoyen ordinaire est écrasé sous les roues de la bureaucratie et de la loi stricte ?

L’affaire devient encore plus sombre et suspecte lorsque nous approfondissons les détails du contrat. Dans son troisième chapitre, nous trouvons une clause étrange qui soulève tous les doutes, où “les deux parties, en particulier l’acheteur, reconnaissent avoir dispensé le notaire… d’inclure l’origine de la propriété immobilière”. Demandons clairement : quel est le but de cacher l’origine de la propriété ? Qu’y a-t-il dans l’histoire de cette propriété que le Ministère et l’acheteur craignent de révéler ? A-t-elle été confisquée illégalement ? Est-ce une terre arrachée à ses propriétaires d’origine ? Cacher l’origine de la propriété dans une transaction publique est une reconnaissance implicite de l’existence de ce qui ne peut être justifié, et c’est une complicité flagrante avec la vérité.

Et si cette transaction était transparente et légale comme ils pourraient le prétendre, pourquoi Madame la Ministre n’a-t-elle pas le courage de publier une liste complète des noms de tous ceux qui ont bénéficié de transactions similaires ? Puisqu’il s’agit des biens du peuple, le peuple a le droit de savoir qui se nourrit de ses richesses dans l’obscurité. Mais nous connaissons déjà la réponse ; la transparence est le premier ennemi des corrompus.

Le plus grave est le silence assourdissant des armées électroniques, ces mouches qui bourdonnent jour et nuit pour défendre les causes les plus insignifiantes et distraire le peuple avec des sujets secondaires, mais qui deviennent totalement muettes lorsqu’il s’agit de la corruption des grands. Où étaient ces mouches lorsque des parties des biens d’autres responsables ont été révélées ? Pourquoi les plumes mercenaires n’ont-elles pas défendu leurs maîtres avec le même enthousiasme qu’elles attaquent les honnêtes gens ? Il semble que les allégeances changent et les alliances se transforment dans le bourbier de la corruption, où l’ami trahit son ami et où des messages codés sont transmis pour exiger une reddition de comptes formelle qui ne touche pas l’essence de la corruption.

Cette affaire n’est que la pointe de l’iceberg. Ce qui est caché est bien plus grand, des villas des responsables et des transactions de leurs conjoints étrangers, aux sociétés immobilières qui pillent les terres de la nation, et des milliers de dossiers que la mémoire n’est plus capable de recenser.

La question fondamentale demeure : qui est responsable de ce laxisme et de ce pillage systématique ? Est-ce la Ministre seule ? Ou n’est-elle qu’un petit rouage dans une machine de corruption gigantesque et enracinée qui travaille à démanteler l’État de l’intérieur et à le vendre pièce par pièce ? La responsabilité est partagée, et elle incombe à tous ceux qui ont gardé le silence, participé et été complices, du plus haut sommet du pouvoir au plus petit flatteur qui profite des miettes de la table. C’est la responsabilité d’un système entier qui a perdu sa boussole éthique et nationale, et dont la seule préoccupation est d’accumuler des richesses au détriment de l’avenir de toute une nation.

Note : Diplomatic News dispose d’une copie du contrat de vente suspect.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *