16 April 2024

La DGED corrompt la “démocratie”au sein des institutions européennes

Yassine Mansouri, patron de la DGED (à gauche).

Comme nous l’avons souligné précédemment dans certains articles, le scandale ayant éclaboussé l’une des plus grandes institutions européennes, à savoir le Parlement européen, n’a pas encore livré tous ses secrets. Et pour mieux comprendre la profondeur de ce scandale, au-delà des interpellations des mis en cause, il est légitime de s’interroger sur certaines zones d’ombre et de cette volonté des médias occidentaux de la mainstream de focaliser sur le Qatar via ce qui appelé «Qatargate» épargnant par voie de conséquence le régime marocain qui a joué un rôle important dans la démocratisation de la corruption au sein des institutions européennes, et les eurodéputés européens tenus par le devoir de rendre compte à leur électorat et leurs peuples respectifs.

La DGED de Yassine Mansouri, la moelle épinière de la démocratisation de la corruption des institutions européennes

Le «Morroccogate» ou le «Bruxellesgate» ne sont que l’arbre qui cache la forêt ou plutôt la jungle de la corruption imposée par le Makhzen et son instrument de la DGED, dirigée par Yassine Mansouri. Algérie54 est allé «piocher» dans le fonctionnement diabolique de la DGED, soutenue par son alliée et parrain, le Mossad, et la complicité des médias occidentaux.La DGED a réussi durant les dernières années à encadrer et contrôler les mosquées de plusieurs pays européens, comme la France, l’Espagne, les Pays-Bas et la Belgique dont les services de renseignement menaient une enquête sur les agissements des supplétifs du Makhzen depuis 2011.En étroite coordination avec les chancelleries marocaines établies dans les capitales occidentales, la DGED exerça une mainmise sur les mosquées, les associations, organisations islamiques et écoles coraniques au niveau des pays européens qui abritent les communautés marocaines. L’objectif était de faire barrage au discours radical pour éviter qu’il atteindra le territoire marocain, au moment où les partis islamistes marocains réussirent à remporter les élections et formaient des gouvernements.

Mohamed Belahrache : personnage-clé dans la concrétisation des plans de la DGED

L’acteur principal de la concrétisation des plans du Makhzen s’avère être un dénommé Mohamed Belahrache, officier supérieur du cabinet de Yassine Mansouri, dont la mission s’avère déterminante pour le régime marocain.Ce n’est pas une coïncidence si le nom de Mohamed Belahreche est cité dans ce qui est appelé le Moroccogate et également par le média français Le Point dans le scandale de l’espionnage du Conseil français du culte musulman (CFCM), dirigé par Mohammed Moussaoui.

La DGED de Yassine Mansouri qui fait aujourd’hui l’objet d’un mandat d’arrêt émis par le juge fédéral belge chargé du scandale de corruption ayant éclaboussé le Parlement européen avait infiltré le CFCM, sachant que cette affaire d’espionnage intervenait peu de temps après le scandale de Pegasus.Le Point, révélant que l’agent traitant du président du CFCM, Mohamed B., est un soldat de la DGED infiltré pour influencer la pratique de l’islam en France. Selon le média hexagonal, Mohamed B., résidant en France depuis 2010, fait objet d’un mandat d’arrêt depuis mars 2018 pour «corruption d’agents publics en France». Mohamed Belahreche serait également derrière l’affaire de corruption au niveau de la PAF française à l’aéroport d’Orly, révélée en 2017. L’officier français fonctionnaire de la police aux frontières d’Orly est à la tête de l’unité d’information de l’état-major de la Direction de la police aux frontières (DPAF) de l’aéroport parisien d’Orly. Ce service est chargé de faire remonter à sa hiérarchie les mouvements des personnes inscrites sur le fichier des personnes recherchées, dont celles fichées S (pour Sûreté de l’Etat) qui regroupent notamment les personnes soupçonnées de radicalisation islamiste.

L’officier français transmettait des fiches confidentielles aux services secrets marocains en contrepartie de voyages, tous frais payés, au Maroc ou en Angola et de sommes d’argent, selon l’ordonnance de renvoi datée du 30 juillet 2020. (1)Le Makhzen exerça le racket, et financera via l’argent de la drogue les imams, les tenants de bars, gérants de restaurants et cafés, boîtes de nuit. Toute la communauté marocaine est sous contrôle.

La mission ne s’arrêtera pas là, puisque le Makhzen et ses réseaux implantés dans la capitale européenne Bruxelles ciblaient les soutiens à la cause sahraouie, en leur proposant de l’argent et des voyages. L’objectif est de mettre «hors d’état de nuire» aux intérêts de sa Majesté le roi, notamment en ce qui concerne l’accord d’association du Maroc avec l’Union européenne, les accords agricoles et de la pêche et les violations du droit international en matière de l’exploitation et pillage des richesses naturelles du peuple marocain du sahra.

Le Makhzen lancera des campagnes de dénigrement et traquera toute personnalité politique ou association qui dénonce l’occupation des territoires sahraouis marocains ou les détentions arbitraires et les opérations de torture et de répression. Les couloirs du Parlement européen étaient sous contrôle de la DGED, et ce n’est pas l’eurodéputé britannique Charles Tannock qui va nous démentir, après avoir réussi à faire adopter un rapport favorable à la cause sahraouie. Aujourd’hui, il est légitime de s’interroger sur les résolutions du Parlement européen au sujet de la cause sahraouie et ses résolutions au sujet de la question palestinienne, à la lumière du scandale de corruption qui ébranle l’institution européenne. Absence de débat public. Au niveau des médias occidentaux de la mainstream, le scandale qui ébranle le Parlement européen n’a pas dépassé le statut de «fait divers» et, pour cause, ces médias ont focalisé sur le Qatar qui faisait du lobbying pour soigner son image de marque, une opération somme toute légale. A contrario, des eurodéputés ont violé la confiance de leurs peuples en se donnant le droit de bénéficier de l’argent et des voyages du Makhzen pour s’aligner sur sa position, à l’encontre de leur mission exigeant honnêteté et intégrité. Les médias occidentaux sont dans l’obligation d’ouvrir un débat public sur les frontières autorisées du lobbying et l’application de la loi au sujet de la corruption, sachant même qu’aujourd’hui l’Union européenne viole ses propres statuts et prérogatives, en achetant des armes pour l’Ukraine et en imposant des sanctions économiques contre la Russie. Les statuts et prérogatives de l’UE n’évoquent nullement le recours à de telles décisions, ce qui suppose des questionnements sur le fonctionnement des institutions européennes.

Le Makhzen bénéficie-t-il du chantage au terrorisme comme l’immigration ? Comme nous l’avons souligné en haut de l’article, la DGED avait réussi à contrôler et encadrer les réseaux islamistes en activité dans les mosquées, écoles coraniques, commerces et associations, et ce n’était pas facile d’en savoir sur les projets d’attentats terroristes en Europe. Ainsi, il est surprenant de constater le silence des élites politiques, sécuritaires et médiatiques pour épargner le Makhzen, malgré le nombre important de Marocains auteurs et accusés d’attentats terroristes perpétrés en France et en Belgique. Au contraire, ces élites saluaient parfois le Makhzen pour quelques tuyaux et alertes sur des projets d’actes terroristes par des réseaux terroristes marocains, offerts «en signe de bonne foi», ce qui confirme que ces élites sont largement à la solde du Makhzen et son allié le Mossad. Le Maroc utilisait le même modus operandi pour faire chanter les Européens, à l’instar de celui de l’immigration. Il convient de souligner en ce sens le deux poids, deux mesures que les services algériens de sécurité connaissent parfaitement. Durant la décennie noire, les alertes des services algériens quant aux activités terroristes des membres du GIA sur le sol français n’ont pas été prises en considération que par la DST, alors que la DGSE et les autorités judiciaires et politiques françaises ne répondaient jamais favorablement aux doléances des pays du Maghreb pour extrader ou expulser les commanditaires des attentats terroristes et actes d’assassinats.