30 May 2024

Édité par ALY BAKKALI TAHIRI Co-directeur diplomaticnews.net

Source: VTM, BELGA, 7/7

La ministre de la Coopération au développement Caroline Gennez (Vooruit) propose de sanctionner économiquement Israël.
© / thinkstock / VTM NIEUWS

La ministre de la Coopération au développement propose de boycotter les produits israéliens

Sur le plateau de VTM Nieuws, Caroline Gennez, la ministre de la Coopération au développement (Vooruit), a appelé à des sanctions contre Israël et a suggéré, entre autres, d’interdire l’importation de produits israéliens.

Maxime Czupryk 06-11-23

Lors de son intervention sur la chaîne privée flamande ce dimanche, Caroline Gennez a notamment indiqué qu’elle favorisait la solution à deux États. La ministre socialiste souhaite en outre que la Cour pénale internationale enquête sur les violations du droit international dans le conflit entre Israël et le Hamas et a évoqué une interdiction d’accorder des visas à des hauts responsables israéliens.

Mais sa déclaration la plus frappante concerne d’éventuelles sanctions économiques contre l’État hébreu, et par exemple le boycott de produits fabriqués en Territoire Occupé “Israël”.

Quels produits israéliens dans nos rayons?

Quelles marques et quels produits israéliens figurent dans les rayons de nos supermarchés? Citons, pêle-mêle, Garden Gourmet (produits végétaliens et végétariens), Jaffa (agrumes), Mehadrin (fruits et légumes), Jordan River et King Solomon (dattes), Carmel (fruits, épices, fleurs), Galil et Gamla (vin), Ahava et Kedem (cosmétiques) et Teva (pharmacie). Enfin, Sodastream, la célèbre marque qui produit des appareils de gazéification de boissons, est une entreprise israélienne qui a été rachetée par PepsiCo en 2018.

Le commerce avec Israël en hausse

Qu’en est-il de l’ampleur des relations commerciales entre la Belgique et Israël? Avec 2,72 milliards d’euros, nos exportations vers Israël en 2022 ont dépassé ce que nous importons de l’État hébreu (1,43 milliard d’euros), selon les calculs de nos collègues d’HLN. La balance commerciale est donc positive pour la Belgique. Il est intéressant de noter que tant nos exportations que nos importations en provenance d’Israël ont connu une tendance à la hausse ces dernières années: alors que nos exportations ont augmenté de 3,5 % par rapport à 2021, les importations en provenance d’Israël ont augmenté de 9 %.

Quels sont les produits les plus échangés avec Israël?

Nos échanges, tant à l’importation qu’à l’exportation, concernent principalement les “perles, pierres précieuses et métaux précieux” (23,9 % de nos exportations, 27,6 % de nos importations). En Israël, nous exportons aussi principalement des produits pharmaceutiques (18 % des exportations), tandis que les “outils et métaux” arrivent en deuxième position des importations (16,2 %).

Quelles sont nos relations commerciales avec Israël ?

En Europe, notre pays est un partenaire commercial important pour Israël. Tant en termes d’importations en provenance d’Israël que d’exportations vers ce pays, la Belgique se classe au quatrième rang des 27 États membres de l’UE. Notre pays représente ainsi 8,2 % des importations de l’UE en provenance d’Israël et 9,3 % des exportations européennes vers l’État hébreu.

Sanctionner Israël, est-ce réaliste?

Heleen over de Linden, experte en droit des sanctions, rappelle dans les colonnes de HLN que depuis 2020, il existe un règlement européen permettant de sanctionner les personnes ou les entreprises qui violent les droits de l’homme. “Vous pouvez déclarer des sanctions contre un pays, comme nous l’avons fait avec la Russie après l’invasion de l’Ukraine. Mais depuis 2020, vous pouvez également viser des individus et des entreprises, ce qui serait moins sensible que des sanctions contre l’État d’Israël”, souligne l’experte.

Néanmoins, imposer de telles sanctions nécessiterait l’accord des États membres de l’UE, ce qui semble tout bonnement irréalisable. “D’un autre côté, il faut faire quelque chose, car la situation est terrible”, estime Heleen over de Linden. “Quelqu’un doit prendre l’initiative et ce serait bien si ce règlement, qui a été négocié pendant onze ans, pouvait être utilisé pour une fois. La Belgique peut ouvrir cette discussion. C’est donc possible d’un point de vue juridique, mais ce sera extrêmement difficile d’un point de vue politique”, affirme la spécialiste.

Incident diplomatique avec Israël

Pour rappel, la ministre Gennez avait provoqué un incident diplomatique avec Israël pas plus tard qu’en septembre dernier. Dans une interview à De Morgen, la socialiste flamande avait déclaré que “des villages entiers étaient rayés de la carte” par Israël dans les territoires palestiniens. Des propos qui avaient provoqué la colère de Tel-Aviv, où l’ambassadeur belge avait été prié de s’expliquer.

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